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Saison 2020-2021A vous de voir

Ouverture de saison
vendredi 18 septembre

Rencontre avec les artistes
Performance
Concert

VENDREDI 18 SEPTEMBRE

13h30 Ouverture de saison
Les artistes de la saison 2020-2021 partagent leurs projets de création et de recherche.

15 h Performance Displace
Marie Ilse Bourlanges & Elena Khurtova
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19h30 Concert au jardin
Quartett jazz - Les Quatre Vents
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ÉDITO
SAISON 2020-2021

Être en lien : de l’art relationnel

Lieu d’arts contemporains portant un projet de création pluridisciplinaire au cœur de l’Hôpital psychiatrique Montperrin à Aix-en-Provence, le 3 bis f explore depuis près de quarante ans toutes les formes de décloisonnement : entre l’hôpital psychiatrique et la société, entre l’art et le soin, entre les disciplines artistiques, entre un monde caractérisé par une dynamique de centre et de marges et un autre qui échappe aux normes. C’est précisément ce lieu de création hors norme que l’équipe du 3 bis f fait vivre, activant des liens fertiles entre des personnes, des communautés qui co-existent au sein de notre société, ordinairement sans se rencontrer : artistes, patients, soignants, étudiants, retraités, amateurs d’art contemporain ou de spectacle vivant, habitants, curieux en tous genres, surpris de notre action singulière, inattendue, au milieu du Centre Hospitalier.

Si le lien, celui du 3 bis f à l’hôpital, est déjà au cœur du projet, la question de la relation traverse de près en loin l’ensemble des projets artistiques que nous accueillerons durant cette saison 2020-2021, dans le champ des arts visuels comme dans celui des arts vivants. Les esthétiques relationnelles, formes artistiques issues d’expériences de mise en relation, proposant autant de manières d’être ensemble que de nouveaux langages artistiques, souvent immatériels, imprègnent les recherches et expérimentations des artistes qui viendront travailler chez nous, avec nous.

Cette mise en présence de personnes éloignées les unes des autres habitent les recherches d’Eric Minh Cuong Castaing & Anne-Sophie Turion, Yaïr Barelli & Niloofar Bassiri, Alex Grillo, Anima Théâtre, KO.com, cartographes intimes de notre rapport au monde bousculant les différentes échelles de nos territorialités, individuelles, politiques ou géopolitiques.

C’est de notre rapport au vivant, de la relation entre les espèces — humaines, animales, minérales, végétales – et de toutes les formes de vie que Côme di Meglio (arts visuels) ou encore Bastien Mignot (théâtre, danse) développent chacun leurs recherches, à partir de matériaux organiques et d’expériences collectives autour du repas pour le premier, d’immersion dans le paysage pour le second. La conscience modifiée est aussi à l’origine de la nouvelle création la compagnie Monad qui verra le jour au 3 bis f dans le cadre de la BIAC 2021.

De la communauté du vivant à notre rapport à l’espace-temps, il n’y a qu’un pas. Donna Haraway introduit, avec la « notion de « Chthulucène », l’idée que « nous sommes reliés à une myriade de temporalités et de spatialités, reliés aux divers pouvoirs passés, présents et à venir de la Terre » (Habiter le trouble, 2016). Réparer les failles entre le passé, le présent et le futur, en plongeant dans la mémoire, est l’un des enjeux du travail de Marie Ilse Bourlanges & Elena Khurtova, mais aussi de Rebecca Digne, ou encore de Massimo Fusco. Pour Disnovation.org, tout comme Mark Etc, produire les imaginaires d’un monde à venir, celui de la décroissance, c’est déjà œuvrer à un autre futur, grâce au pouvoir des images, à la force des représentations.

Enfin, la relation entre corps et espaces. Pauline Brun, Jonas Chéreau, entre autres, l’interrogent sur scène ; Charlotte Perrin & Hélène Bellenger, réunies par la pratique de la collecte et du détournement, questionnent un rapport à l’espace physique (l’habitat), psychique et numérique (les réseaux sociaux), entre formes et images, avec l’exposition Plaisir solide au printemps 2021. Mathilde Monfreux nous invite à une performance participative à partir du toucher ; Alix Denambride & Emmanuel Vigier initient une recherche sur la Cour d’Assise comme espace de représentation, de mise en scène. Enfin, la joie, la célébration de la vie amèneront Charlotte Vitaioli à travailler à un projet de banquet et le duo Voogt à mener au 3 bis f une quête sur le bonheur et le bien-être.

« Le corps n’est pas une chose, il est une situation : c’est notre prise sur le monde et l’esquisse de nos projets  » : l’appropriation politique et culturelle du corps dans l’espace social évoquée par Simone de Beauvoir en 1949 dans Le Deuxième sexe est puissamment à l’œuvre à travers ces formes artistiques de la relation, qui chacune à leur manière, contribuent à la « recréation de la puissance de penser et d’agir » dont parle Isabelle Stengers (La Sorcellerie capitaliste, 2005).

Puissent tous ces liens nous réunir et nous amener à partager ces expérimentations artistiques au cœur de l’Hôpital. L’art de l’hospitalité, ce sera aussi cette saison au 3 bis f vous inviter à cultiver notre jardin, avec un projet de jardin partagé méditerranéen à construire ensemble, pour prendre soin et faire avec.

Venir comme on est au 3 bis f et faire avec, ce que l’on est ou ce que l’on a à échanger.

Jasmine Lebert,
directrice générale, directrice artistique arts vivants

Diane Pigeau
directrice artistique du centre d’art

ALEX GRILLO
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Arts vivantsMusique

ALEX GRILLOLA VOIX LA LANGUE

SESSIONS
MARDI 22 SEPTEMBRE DE 10H À 12H
MERCREDI 23 SEPTEMBRE DE 14H À 16H
MERCREDI 7 AVRIL DE 14H À 16H

SORTIE DE RÉSIDENCE
VENDREDI 25 SEPTEMBRE À 15h
VENDREDI 9 AVRIL À 20h

REPRÉSENTATION
MERCREDI 14 JUILLET

SESSIONS
mardi 22 septembre de 10h à 12h
mercredi 23 septembre de 14h à 16h
mercredi 7 avril de 14h à 16h

SORTIE DE RÉSIDENCE
Vendredi 25 septembre à 15h
Vendredi 9 avril à 20h

REPRÉSENTATION
mercredi 14 juillet


Langues existantes et langues imaginaires, doubles et multiples... La voix La langue est l’aboutissement, sous la forme d’une pièce vocale, de collectes réalisées dans la région marseillaise. Elle nous parle de l’origine des mots, du visible et de l’invisible, du vécu et du devenir...
Comment l’abstraction musicale peut-elle générer du sens ?
Une tentative d’interroger la relation des phonèmes et de leur sens, ou plutôt de ce qu’ils provoquent comme polysémies.


Compositeur, directeur du projet : Alex Grillo - Auteure, interprète : Edith Azam - chanteur, chef de chœur : Alain Aubin - chanteuse, chef de chœur : Brigitte Cirla -& Chœur d’amateur.trice.s.

Une proposition d’Alex Grillo (compositeur) en collaboration avec Edith Azam (auteure), Sébastien Béranger (électronique), Brigitte Cirla et Alain Aubin (chanteurs/chefs de chœur)


ENTRETIEN
Alex Grillo

Résidence de création - Musique - septembre 2020 & avril 2021

Poids ?
On pourrait imaginer une relation entre mon poids et le poids du projet tel qu’il existe dans mon désir de le faire advenir. La place qu’il a prise dans ma vie depuis le temps que j’y travaille. Je n’ai jamais fait le lien, mais on peut imaginer ou inventer un lien entre mes 83 kg et toute cette réflexion, ces projections que j’ai faites…

Quelle est la genèse du projet ?
C’est la suite d’un travail réalisé en 2015 : un projet de fanfare vocale pour l’espace public, non chanté, avec uniquement de la voix parlée. Une première collaboration avec Brigitte Cirla et l’auteure Edith Azam. Nous étions très content du résultat, mais pendant le travail, j’ai dû abandonner certaines choses. À l’issue de cela, j’ai eu envie de travailler une forme avec des chanteurs professionnels. La forme s’est confirmée - 4 personnes au plateau - l’auteure, moi-même et deux chanteurs. A cela s’ajoute un chœur amateur d’une vingtaine de personnes, accompagnés par un traitement électronique.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Le 3 bis f permet l’exploration. C’est luxueux, de nos jours, d’être accueilli par une "institution" (au sens noble du terme) qui permet aux artistes de répéter, de chercher, de se rencontrer. Le 3 bis f permet surtout cette phase très importante – qui, en ce qui me concerne, allège le projet - où l’on débarque sans avoir aucune idée de ce que l’on va faire. On parle des phonèmes, des voix, de la voix, des voix d’ailleurs. Ces rencontres, comment vont elles s’agencer, se fabriquer ? Nous nous laissons aller aux questionnements. C’est génial, un grand bonheur.

Comment travailles-tu ?
En tant que créateur, c’est une chose et en tant qu’ouvrier de la musique, c’est autre chose. L’ouvrier de la musique se farcit des dossiers, fait des gammes sur son instrument, avale des logiciels MAO. Le créateur est lié à ce qu’on peut appeler l’inspiration, bien que ce mot nous perde parfois dans ses méandres sémantiques.
Et puis il y a bien entendu les échanges avec les autres qui permettent d’avancer ainsi qu’une méthodologie qui s’est inscrite grâce aux cinq périodes de résidences : au 3 bis f, au GMEM et au PIC Télémaque.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
C’est la poésie qui me plaît. C’est ce décalage poétique qui s’installe en soi et qui nous ouvre sur une perception singulière du monde et qu’on appelle parfois « folie ».
Dans les conventions, on est fatalement tenu par nos habitudes, notre condition sociale, nos relations etc. C’est compliqué de dire : « je suis dans la poésie, arrêtez tout ! » ou « foutez-moi la paix avec ma folie ! » et d’imposer : « stop ! laissez-moi rêver. »

Ton jardin préféré ?
Celui qui est secret. Après, il est un peu enfermant ce jardin secret car on tourne on tourne en rond en soi même. Je suis très content de profiter des jardins des autres, avoir de la verdure sous les yeux, mais ne pas m’en occuper. J’aime le jardin des autres, aussi au sens figuré. Je m’intéresse beaucoup aux gens. Ce qu’ils cultivent depuis leur jardin me nourrit. Je suis fasciné par la complexité de l’être humain.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Une langue que je ne comprends pas, dont le sens m’échappe. Ce sont les meilleures puisque je m’intéresse aux sons, à la musique de la langue.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Quel est l’aboutissement de votre travail ?


© Quentin Houdas

COME DI MEGLIO | TransitionSPACE
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Arts visuels

COME DI MEGLIO | TransitionSPACE

SESSIONS
LES MARDIS DE 14H À 16H 29 SEPTEMBRE - 20 OCTOBRE - 10, 24 NOVEMBRE - 1, 8 DÉCEMBRE - 19, 26 JANVIER - 2 FÉVRIER

SESSIONS
Les mardis de 14h à 16h 29 septembre - 20 octobre - 10, 24 novembre - 1, 8 décembre - 19, 26 janvier - 2 février


Résidence de recherche – Arts visuels : septembre 2020 à février 2021


Côme Di Meglio développe une pratique relationnelle. Il crée des espaces et des expériences collectives pour susciter un état de présence relié au cycle du vivant. Il convoque le design, l’architecture d’intérieur ou encore les dispositifs de réalités virtuelles. Ses œuvres sont des tentatives pour provoquer l’état de grâce dans lequel l’être humain entre en adéquation avec son environnement. Elles favorisent la rencontre en invitant à un état de contemplation, de recueillement et de disponibilité.


Poids ?
En ce moment je dois peser 58 kg. Cela dépend beaucoup de mon alimentation et mon activité physique.

Quelle est la genèse du projet ?
Ce projet est né d’un rapport particulier à l’alimentation développé à travers le sport. À un moment, je faisais beaucoup de musculation. C’était un univers incroyable qui s’ouvrait à moi : d’écoute de mon corps. J’ai démarré une toute nouvelle relation avec la nourriture. J’avais déjà une relation avec la matière qui m’entourait par mon travail de sculpture, mais la nourriture est devenue quelque chose de très important. J’ai adopté un regard complètement différent sur cette matière que je peux transformer en énergie et sur cette énergie que je pouvais ensuite apporter au monde. C’est un cheminement qui m’a permis de changer de regard et donné très envie de le partager. C’est aussi pour cela que j’ai souhaité introduire des états plus oniriques et poétiques pour aborder la question de la nourriture. Ainsi, faire appel à l’hypnose permet d’adopter un « regard magique » pendant le temps d’un repas partagé. Elle nous permet de prendre conscience de toutes ces ramifications qui sont présentes dans les choses disposées dans notre assiette

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
J’ai eu le luxe d’y être invité, ce qui est absolument génial. Quand on reçoit des invitations il ne faut pas se poser trop de questions. C’est une exploration transdisciplinaire que je suis en train de créer. Il y a beaucoup de cloisonnements dans l’art contemporain, dans la science et dans toutes les disciplines. C’est peut-être pour cela que j’ai mis du temps à trouver dans quel cadre j’avais envie d’expérimenter mes recherches. Je pense qu’il y a vraiment une résonance entre ma pratique et les aspirations de ce lieu. Le fait que ce soit un endroit très curieux dans un hôpital psychiatrique est intéressant, j’ai hâte de voir ce qui va en émerger.

Comment travailles-tu ?
J’ai longtemps été beaucoup plus obsédé par ce que je faisais que par ce que je vivais. Présenter ce projet d’hospitalité et de convivialité a vraiment infléchi mon parcours, ce à quoi j’aspire et ma manière de le partager. En ce moment, je travaille à créer une continuité entre mon expérience quotidienne et ce que je partage.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je ne sais pas. Je n’ai pas l’impression d’être fou, mais parfois que les autres le sont. L’impression est sans doute réciproque ! Mais on cohabite plutôt bien, on s’apprend plein de choses.

Ton jardin préféré ?
En ce moment, c’est les profondeurs de la mer. C’est justement un monde qui m’apprends à vivre lentement, un monde différent, où le temps s’écoule avec douceur. Un monde complètement abondant. C’est aussi un monde où toutes les traces et les détériorations de l’homme sont très visibles. Il y a, malgré tout, une vie luxuriante. C’est une sorte de chemin initiatique. Rentrer dans les profondeurs, arrêter de respirer, être à l’aise dans un environnement très différent.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Porthos, un jack Russel à poils souples, très réceptif.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Est-ce qu’on va passer un bon moment ensemble ?


Site de l’artiste


© Berengère De Contenson

DISNOVATION.ORG avec Baruch Gottlieb, Clémence Seurat, Julien Maudet & Pauline Briand
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Arts visuelsExposition

DISNOVATION.ORG avec Baruch Gottlieb, Clémence Seurat, Julien Maudet & Pauline BriandPOST GROWTH

EXPOSITION
DU 14 NOVEMBRE 2020 AU 16 JANVIER 2021

VERNISSAGE - BRUNCH
SAMEDI 14 NOVEMBRE DE 11H À 13H

PERFORMANCE-TOURNAGE
VENDREDI 15 JANVIER À 18H

SESSIONS
LES MERCREDIS 14, 21 OCTOBRE ET VENDREDI 20 ET SAMEDI 21 NOVEMBRE DE 14H À 16H.

EXPOSITION
du 14 novembre 2020 au 16 janvier 2021

VERNISSAGE - BRUNCH
samedi 14 novembre de 11h à 13h

PERFORMANCE-TOURNAGE
vendredi 15 janvier à 18h

SESSIONS
Les mercredis 14, 21 octobre et vendredi 20 et samedi 21 novembre de 14h à 16h.


Quelles composantes idéologiques, sociales et biophysiques ont précipité les crises environnementales actuelles ? De quels leviers disposons-nous afin de transformer les pratiques et les imaginaires pour se défaire de la croissance continue de nos empreintes énergétiques ?

L’exposition Post Growth invite à explorer des voies alternatives et à appréhender les conséquences radicales d’un modèle économique spéculatif fondé sur l’énergie émise par le Soleil.

Cette exposition se penche en particulier sur les perspectives de sortie des énergies fossiles dont dépend la gigantesque machine de production qui sous-tend nos sociétés. La série d’oeuvres présentée propose ainsi d’envisager un métabolisme social en reconnection avec les réalités vivantes, énergétiques et matérielles de la biosphère, en s’inspirant notamment de notions issues de l’éco-féminisme, des connaissances autochtones, de la comptabilité environnementale et du hacking.


DISNOVATION.ORG avec Baruch Gottlieb, Clémence Seurat, Julien Maudet & Pauline Briand


Pour l’oeuvre :
Production : iMAL
Co-production : Biennale CHRONIQUES - 3bis f, lieu d’arts contemporains

Création réalisée en coproduction avec la plateforme CHRONIQUES, soutenue par la Région Sud, la Ville de Marseille et l’Institut Français à Paris, coordonnée par SECONDE NATURE et ZINC.

Avec le soutien de : Production Intérieure Brute (Tours), ArTeC (Paris), La Labomedia (Orléans), University of California (Irvine), Université Catholique de Louvain, CNC (Dicréam)


Exposition réalisée en coproduction avec CHRONIQUES - Biennale des Imaginaires Numériques, le 3 bis f lieu d’arts contemporains et IMAL.


Les expositions sont ouvertes du mardi au samedi de 14h à 18h & rdv.
Le 3 bis f est fermé du 20 décembre au 3 janvier.
Entrée libre.


ENTRETIEN
Nicolas Maigret et Maria Roszkowska

Résidence de création – Arts visuels – octobre, novembre 2020

Poids ?
De nombreux champs de la recherche scientifique produisent des connaissances dans le domaine environnemental. Comment les rendre activable, appropriable par tous : c’est une limite de la communauté scientifique. En tant qu’artistes, nous avons un poids, un rôle à jouer dans cette circulation : on contribue à produire de nouveaux récits, de nouveaux imaginaires à partir de concepts. On peut les manipuler, les fluidifier.

Quelle est la genèse du projet ?
Comme beaucoup de gens, nous sommes de plus en plus préoccupés face aux différentes crises environnementales. C’est un enjeu majeur pour nos sociétés actuelles : identifier les moteurs, les lignes de force de ces différentes crises enchevêtrées dont le fil directeur est l’idéologie, la foi indétrônable en la croissance économique. On a eu envie d’explorer cette articulation, de donner des éléments de compréhension et de décryptage de ces crises à travers la déconstruction de cette épine dorsale qu’est la croissance économique. Formuler des récits de transition pour une transformation de la société.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Parce que nous avons été choisis par la Biennale Chroniques pour le développement du projet. Nous ne connaissions pas le 3 bis f et sommes ravis de le découvrir : il sera très intéressant de l’y déployer.

Comment travaillez-vous ?
Nous partons bien souvent de sujets qui nous interrogent, nous préoccupent et nous animent, en les articulant de manière névralgique avec les changements de société qui sont en cours. En tant qu’artistes, nous pouvons créer des interfaces qui permettent d’envisager ces problématiques qui ne sont pas assez diffusées dans l’espace médiatique autrement, en créant des situations ou des objets, autant de nœuds improbables issus de ces zones de friction. Notre méthode de recherche s’apparente plus ou moins à celle de la recherche académique : on travaille avec un corpus assez vaste qui ne produit pas de forme plastique tout de suite. Les choix esthétiques émergent du sujet lui-même. Le travail est façonné par la qualité du sujet interrogé.

Comment cohabitez-vous avec votre folie ?
Plus ou moins bien ! Nous travaillons en équipe et réunissons des perspectives différentes, de manière à appréhender toute la complexité d’un sujet. Il y a toujours une forme de folie, des irrégularités, une certaine déviance par rapport à la norme. On cohabite avec ces forces.

Votre jardin préféré ?
Le Jardin des plantes à Paris où il nous arrive de faire des réunions, un peu comme dans le jardin du 3 bis f.

Quelle langue voudriez-vous chatouiller avec tes cils ?
Une langue faite d’idéogrammes, pour sa capacité à mettre en relation des formes et des idées et penser le monde en images.

A quelle question répondriez-vous « À vous de voir » ?
À quoi ressemblera votre exposition au 3 bis f ?


site du collectif


© Disnovation.org

THÉÂTRE Michel Cerda
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Théâtre

THÉÂTRE Michel Cerda Questions de mise en scène

SESSIONS
LES JEUDIS 15, 22 OCTOBRE ET 19 NOVEMBRE DE 15H À 17H

SESSIONS
Les jeudis 15, 22 octobre et 19 novembre de 15h à 17h

L’atelier vise à questionner la pratique de la mise en scène à partir du texte et d’en interroger certains fondamentaux : la mise en espace et la fabrication du temps, le training, l’improvisation et la direction d’acteur. Il s’agit également d’apprendre à penser des éléments techniques tels que le son, la lumière, les costumes, la scénographie. Autant d’outils pour cerner le travail de création scénique et la gestion d’une équipe.

Cette année nous nous proposons de travailler sur la pièce de Lenz Les soldats .
Pièce que Lenz écrivit à la veille de la Révolution française en révolutionnant bien des aspects de l’écriture théâtrale.

Cet atelier, initialement à destination des étudiants en théâtre, ouvre ses deux premières heures à tous ceux qui souhaitent s’y joindre en tant qu’observateurs. Un échange se fait collectivement à 17h.


Michel Cerda , Maître de conférence associé, intervenant dans le Master « Écritures et Scènes d’aujourd’hui » et responsable de la filière « Métiers du plateau » en licence à l’Université Aix-Marseille.


Dans le cadre d’un partenariat avec le Master Arts et Scènes d’aujourd’hui à l’Université Aix-Marseille

© Michel Nicolas

JARDIN STANISLAS ALAGUILLAUME
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Jardin

JARDIN STANISLAS ALAGUILLAUME"FAIRE AVEC" - JARDIN MEDITERRANEEN

LANCEMENT DU JARDIN
MERCREDI 28 OCTOBRE À 14H
MERCREDIS 4 ET 25 NOVEMBRE À 14H

PREMIER COUP DE PIOCHE DU PROJET DE JARDIN
mercredi 28 octobre à 14h
mercredis 4 et 25 novembre à 14h


« Quand on jardine, on est dans ce que j’appelle un territoire mental d’espérances. C’est un espace-temps particulier parce qu’on est sans arrêt sur le futur. Quand on plante une graine c’est pour demain ».

« On est là, dans une vision ou rien n’est programmé, on change s’il faut changer. Jardiner c’est accompagner le temps, c’est ne pas s’y heurter. »

Gilles Clément


Fort d’une expertise sur les paysages méditerranéens, acquise à l’École du paysage de Marseille et au Domaine du Rayol, enrichie par des expéditions autour du biome méditerranéen et par diverses expériences de paysage, Stanislas Alaguillaume développe ses projets au sein de l’Atelier des Méditerranées, un atelier de paysages.
Pour le Jardin du 3 bis f, inspiré par l’espace du jardin lui- même et ses grands platanes, tout comme le contexte du lieu d’arts niché dans le Centre hospitalier, il propose un Jardin intitulé « Faire avec » : faire avec le sol et le végétal présent, faire avec ce que l’on est, faire avec, les uns avec les autres.


Atelier des méditerranées


© Michel Corbou

CIE MONAD
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Arts vivantsDanseCirque

CIE MONAD YIN

SESSIONS
MARDIS 24 NOVEMBRE ET 26 JANVIER DE 10H À 12H

REPRÉSENTATION
SAMEDI 30 JANVIER À 20H

SESSIONS
mardi 24 novembre et 26 janvier de 10h à 12h

REPRÉSENTATION
samedi 30 janvier à 20h
[4,5 – 9 €]


Yin nous invite à déplacer nos perceptions, à changer d’espace-temps.
Mêlant intimement danse derviche et jonglage, rotation des corps et des gestes, il nous emmène dans une transe moderne, hypnose rythmée par une chorégraphie en révolution.


Jonglage et danse : Van-Kim Tran - Jonglage et danse : Cyrille Humen - Alchimie et mise en scène : Eric Longequel


Dans le cadre de la Biennale Internationale des Arts du Cirque


ENTRETIEN
Van-Kim Tran

Résidence de création – Cirque – novembre 2020 et janvier 2021

Poids ?
Nous avons à peu près 34 kg de matériel pour l’instant, dont 3 kg par jupe. Si on additionne avec mon poids, celui de Cyril et de notre régisseur, en tout, cela doit faire 250 kg en tournée.

Quelle est la genèse du projet ?
Une envie, pour Cyril et moi de travailler ensemble. J’aime faire des choses qui m’intéressent. À la naissance de ce projet, trois choses m’animaient : jongler, pratiquer la danse derviche et le tai chi. Tout s’alignait parce que ces pratiques sont absolument incompatibles les unes avec les autres - il faut une sorte de lâcher prise pour la danse derviche et un contrôle pour le jonglage. Il y a quelque chose de très intéressant dans la rencontre de ces deux pratiques opposées. Le tai chi, pour sa part, a vocation à unifier. Ces gestes ont le cercle en commun. Il y a une circulation, que ce soit dans le jonglage-contact, la danse derviche et le tai chi où il s’agit de faire circuler une énergie. Cyril adore les cercles ! Dans son jonglage, on en retrouve dans tous les sens !

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Là encore c’est un alignement plutôt heureux. De manière générale le lien entre l’art et les états de perception m’intéresse. La présidente de notre association, Nina Roberts est psychiatre et spécialiste de l’hypnose. Son domaine de recherche et de prédilection est celui du lien entre l’hypnose et les pratiques artistiques. Dans la danse, par exemple, le fait de tourner sur soi-même est un moyen d’accéder à une sorte de transe, un moyen de quitter le monde matériel. Il est donc heureux de faire la première de ce spectacle dans un lieu qui est à la fois un espace où il y a la place pour l’art contemporain, le spectacle et qui se trouve dans un centre hospitalier psychiatrique. En tout cas un lieu qui s’intéresse de près aux états de perception altérés.

Comment travaillez-vous ?
Au début, il y a une phase d’incubation où je lis beaucoup, où j’expérimente plein de choses qui n’ont aucun rapport avec le spectacle, jusqu’à que j’en trouve un. Ensuite, on se retrouve ensemble dans un lieu de pratique, dans un studio. Cet état brut est comme une sorte d’esquisse. Puis, il y a un moment où je me dis : « ah c’est ça le spectacle ! ». Ce moment, est arrivé quand j’ai découvert le travail de François Roustang, un Hypno-thérapeute français qui a beaucoup développé cette pratique et qui a défini un terme face auquel je me suis dit : « Voilà c’est ça qu’on fait ! ». Il s’agit du mot « perceptude », un état de perception où l’on se connecte au tout, en mettant au second plan le jugement et la rationalité. Un état de veille qui garde notre jugement en sommeil et qui ouvre de nombreuses perceptions. Tout devient possible. François Roustang s’en sert pour aider des personnes qui sont bloquées dans certaines situations de leurs vies. Dans notre pratique artistique, nous y faisons plutôt appel pour expérimenter un autre goût, une autre perception de la réalité.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
J’écoute les bons conseils de mon ami Carl Gustav Jung. J’ai lu beaucoup de ses livres. J’ai été frappé par la clarté de vision qu’il avait et à quel point cela raisonnait en moi. Ce que j’apprécie dans son travail, c’est qu’il recherche une forme d’intégration des différentes forces présentes en nous-même. C’est ce qu’il appelle le processus d’individuation. Cette vision présente l’avantage incroyable où même les choses perçues négativement, par exemple la folie, la colère ou des choses plus sombres, peuvent être perçues comme en évolution. Une matière première qui, à travers les expériences de la vie, les changements, va se métamorphoser de manière sublime. J’aime beaucoup ce rapport qui permet une équanimité avec nos expériences intérieures et extérieures

Ton jardin préféré ?
De manière générale, je préfère la forêt au jardin. Les jardins à la française, je ne supporte pas et n’y vais jamais ! À la limite, les jardins japonais, ça j’apprécie, car il y a une recherche de coexistence et d’harmonie entre l’homme et la nature. Mais à choisir, je préfère quand même aller me balader ou voyager en forêt naturelles, là où il y a différents arbres qui coexistent.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
La langue en question se reconnaîtra.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
« Est-ce que vous partez en transe pendant le spectacle ? »


site de la compagnie


©Emmanuelle Tricoire

CHARLOTTE VITAIOLI
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Arts visuelsExposition

CHARLOTTE VITAIOLI

EXPOSITION
DU 6 FÉVRIER AU 27 MARS 2021

VERNISSAGE
SAMEDI 6 FÉVRIER DE 11H À 13H

SESSION
MERCREDI 25 NOVEMBRE DE 10H À 12H

EXPOSITION
du 6 février au 27 mars 2021

VERNISSAGE
samedi 6 février de 11h à 13h

SESSION
mercredi 25 novembre de 10h à 12h


Charlotte Vitaioli imagine un projet d’exposition transdisciplinaire, stratifié en plusieurs couches comprenant la création d’un service de table en céramique qui invitera à l’occasion d’un banquet à des gestes nouveaux. Ce banquet sera ponctué de moments de danse collective ou de gestes chorégraphiques et tour à tour sujet et décor d’un film, avec réalisation de mobilier et de costumes, où les protagonistes naviguent entre réalité de la performance et virtualité de l’espace filmique. Un projet qui résonne avec l’enseignement qu’elle dispense à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne où
elle développe depuis 2019, avec enseignant.e.s et étudiant.e.s, un travail théorique sur les manifestations festives et artistiques dans l’histoire de l’art et de manière pratique sur la réactivation du Bal des Quat’z’Arts (grande fête parisienne organisée par les étudiants de l’École nationale des Beaux-arts de Paris entre 1892 et 1966).
.


ENTRETIEN
Charlotte Vitaioli

Résidence de création – Arts visuels : De novembre 2020 à février 2021

Poids ?
La légèreté. On pense souvent, à tort, qu’elle est dénuée de profondeur. Comme je mène une recherche sur la joie, la légèreté est donc importante pour moi !

Quelle est la genèse du projet ?
La folie baroque des films italiens qui me rappellent mes origines, comme ceux de Fellini avec leurs repas grandiloquents habités par des personnalités charismatiques, ou l’ouverture du film Mamma Roma de Pasolini.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
J’ai répondu à l’appel à candidature sur la performance du 3 bis f l’année dernière. Je n’ai pas été retenue mais je suis venue visiter le 3 bis f lorsque j’étais en résidence à la Station à Nice. J’ai rencontré Diane Pigeau, elle m’a parlé du rapport au vivant qui est au cœur du projet artistique du centre d’art du 3 bis f, cela m’a inspiré ce projet de banquet.

Comment travailles-tu ?
Avec la vie, les rencontres, les émissions de radio, les mots, des coups de cœur… Ma pratique artistique est vraiment liée à la vie, c’est très mélangé, je ne fais pas de distinction.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Assez bien, je m’entends plutôt bien avec elle, elle est parfois irrévérencieuse mais nous avons un bon équilibre !

Ton jardin préféré ?
L’île d’Arz dans le Golfe du Morbihan au sud de la Bretagne.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
L’italien.

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
Dove sono le spiagge de la tua felicita ? (Où sont les plages de ta félicité ?), phrase inspirée du film Les plages d’Agnès, qui sera peut-être le titre de l’exposition…


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Documents d’artistes Bretagne


YAÏR BARELLI & NILOUFAR BASIRI
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Arts vivantsDanse

YAÏR BARELLI & NILOUFAR BASIRIZAMAN

SESSIONS
JEUDI 10 DÉCEMBRE DE 15H À 17H
VENDREDI 9 JANVIER DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
VENDREDI 8 JANVIER À 20H

SESSIONS
jeudi 10 décembre de 15h à 17h
samedi 9 janvier de 15h à 17h

SORTIE DE RÉSIDENCE
vendredi 8 janvier à 20h


Niloufar est iranienne, Yaïr israélien, Niloufar est plasticienne, Yaïr danseur. Tous deux vivent en France dans une sorte d’exil volontaire de leurs pays d’origine inscrits dans des situations politiques complexes.
Matière de recherche et point de convergence, les chansons populaires dont ils sont dépositaires et nostalgiques, interprétées dans un va-et-vient entre la langue d’origine et le français, deviennent un terrain de jeu politique, linguistique et performatif.


Conception et interprétation : Niloufar Basiri et Yaïr Barelli - Lumière et espace : Yannick Fouassier - Son : Jonathan Reig


ENTRETIEN
Yaïr Barelli & Niloufar Bassiri

Résidence de création – Danse – décembre 2020 et janvier 2021

Poids ?
Y : Dans un bon jour 71,2 kg
N : entre 59 kg et 60 kg
Y : ensemble cela fait 131,2 kg

Quelle est la genèse du projet ?
N : Notre rencontre. Nos expériences qui sont celles de deux étrangers à la communication entravée de par leurs pays d’origine. Pour moi, c’est la première fois que je rencontrais quelqu’un venu d’Israël. La France est devenue un espace intermédiaire. Nous y avons vécu des choses communes qui ont fait le lien entre nous.

Y : La rencontre s’est faite à l’École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand. Je ne sais pas si un européen peut comprendre ce que cela représente de rencontrer quelqu’un qui vient d’un pays ennemi. Il y a tout de suite une sorte d’excitation, mêlée de peur. C’est complètement débile mais c’est comme ça. Comme l’a dit Niloufar, on s’inspire aussi de notre exil en France car on a été confronté.e.s aux mêmes problèmes : l’adaptation à la langue, les démarches administratives… On ne parle pas bien français, on ne comprend pas et on improvise constamment. La genèse du projet, c’est donc à la fois ce qui est très loin (nos pays d’origine et la guerre) et très proche (la France). Par ailleurs, je suis attiré par la culture persane depuis très longtemps.

N : Quand j’ai décidé de faire un stage avec Yaïr j’avais vraiment peur, car je ne savais pas si travailler avec un israélien poserait problème quand je retournerais en Iran. Après, c’est devenu comme un acte de résistance. Je me suis dit : « oui, pourquoi pas ». On va faire un projet de toutes ces complicités.

Y : C’est un peu banal, la situation est absurde mais il y a un réel danger. On a même discuté, de changer de nom, inventer un pseudo et finalement Niloufar a décidé que non.

N : Les chansons vont permettre de montrer les différences entre nous, en utilisant les points communs en France pour faire lien.

Y : Oui, on travaille sur des chansons d’Israël et d’Iran avec lesquelles nous avons grandi et qui nous rendent nostalgiques. Nous sommes en train de les traduire en français pour les amener auprès de nous. Pour un public français, ces chansons ne veulent absolument rien dire. Il y a un intérêt dans ce décalage de charge émotionnelle. Et puis il y a le sujet de la lutte qui était un hasard. Il y a eu un incident récemment. Un judoka iranien fait le choix délibéré de ne pas refuser de combattre contre un adversaire israélien. Il a été contraint s’exiler en Allemagne, car normalement un sportif iranien qui est confronté à un israélien doit renoncer. On va faire un peu l’inverse, une sorte de lutte intentionnelle où se confondent peur et désir de la rencontre de l’autre.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Parce c’est génial !

Comment travailles-tu (travaillez-vous) ?
Y : Nous ne savons pas encore, c’est une collaboration, ça c’est sûr. Nous ne sommes pas au même endroit, mais il n’y a pas de hiérarchie. Niloufar a une expérience que moi je n’ai pas. Elle est architecte. Elle vient de beaucoup plus loin que moi. Elle a un parcours de plasticienne. Il nous faut trouver comment collaborer. De mon côté, lorsque j’enseigne, je tente de travailler avec le groupe, me situant davantage comme l’un des participants que comme un enseignant.

N : Au début je pensais comme enseignant/étudiant. Finalement, j’ai vu que l’on pouvait inventer autre chose.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Y : J’ai envie dire qu’il n’y a pas de folie.
N : Oui exactement !
Y : C’est un malentendu. On habite bien, on ne sait pas habiter autrement. J’ai fait un projet avec ce que l’on appelle une classe ULIS (Unité localisée d’intégration sociale). Qu’est-ce que cela veut dire « intégrer » ces enfants qui ont des « handicaps mentaux » ? Je n’ai jamais réussi à comprendre. Quand je les ai interrogé.e.s, j’ai eu des réponses complètement non satisfaisantes : « j’ai un problème de concentration », « j’ai un problème de mémoire ». Mais on a tous des problèmes de concentration et de mémoire. Je pense que s’il faut les inclure cela veut dire que quelqu’un les a exclu. Et c’est plutôt-là que se situe le problème, dans la conception de la folie et plus que dans la folie elle-même.

Ton jardin préféré ?
Y : Le jardin de ma mère, qui se trouve à Jérusalem.
N : Le jardin Eram à Shiraz en Iran.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Y : La langue d’un serpent.
N : d’un chat.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Y : « Ton jardin préféré ? » (c’est une réponse écologique, recyclée)
N : C’est quoi votre projet ?


Sites des artistes
Yaïr Barelli


© Barelli

ANIMA THÉÂTRE
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Arts vivantsmarionnette

ANIMA THÉÂTREREBETIKO

REPRÉSENTATION
MARDI 15 DÉCEMBRE À 19H

REPRÉSENTATION
mardi 15 décembre à 19h
[4,5 – 6 €]


Conçu comme une odyssée, Rebetiko, nous emporte dans un voyage d’images, de marionnettes et de musique. L’histoire de ce genre musical populaire Grec, le Rebetiko, raconte aussi celle des hommes qui l’ont façonné au grès des vagues de migrations venues d’Orient des années 1920 à nos jours. Il est un pont entre Orient et Occident, une traversée dans l’espace et le temps. Des récits entrecroisés, portés, dans ce spectacle, par deux marionnettistes, un musicien-manipulateur doté d’une laterna (piano-mécanique) et différents procédés holographiques.


Mise en scène : Yiorgos Karakantzas - Écriture : Panayiotios Evangelidis - Construction, marionnettes et accessoires : Demy Papada et Dimitris Stamou Cie Merlin Puppet Theatre - Vidéo : Shemie Reut - Compositeur/musicien : Nicolo Terrasi - Marionnettistes : Irene Lentini et Magali Jacquot.


Dans le cadre de Momaix 2020


ENTRETIEN
Yiorgos Karakantzas

Résidence de création – Marionnettes – mars et décembre 2020

Poids ?
Poids plume de bison.

Quelle est la genèse du projet ?
C’est inspiré de mon l’enfance et du temps vécu avec ma grand-mère. C’est l’histoire de son périple dans les années 20 de l’Asie mineure, d’Izmir vers la Grèce. Voilà la première inspiration du projet. C’est aussi une histoire de rencontre. Cela faisait un moment que j’avais croisé Panayiotios Evangelidis. Mon envie de travailler avec lui et son envie de travailler pour la marionnette nous a réunis. En découle cette naissance un peu hybride, ce format quasiment cinématographique avec un scénario de texte muet.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
C’est un espace qui me fait le même effet que la Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon. C’est un lieu apaisant. Un endroit où on peut créer tranquillement, se concentrer sur ce qu’on fait. Ce qui m’a vraiment touché et remué, c’est l’échange durant les ateliers. L’expérience artistique et la narration se reflètent dans les gens qui participent aux ateliers d’une manière qui les débordent. Si on fait ce travail, c’est aussi pour la part d’humanité que cela peut dégager. Le 3 bis f est un endroit sensible.

Comment travailles-tu ?
L’idée est de changer régulièrement mes habitudes, de travailler avec des gens qui peuvent métisser la vision du projet. Au démarrage, il y a souvent une idée qui vient de moi. Et puis, je pars rencontrer du monde, vivre des sujets, les traverser. L’idée est de créer avec d’autres artistes, comme Panayiotios que j’ai déjà cité, qui amènent leur esthétique et de nouveaux univers dans le rapport à la marionnette.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je fais de la marionnette depuis plus de 20 ans maintenant. La « folie » pour nous, les marionnettistes, c’est vraiment de se mettre à jouer avec des croix pour donner vie à tout ce qui passe entre nos mains. Avoir la conviction que tout peut être animé, que chaque objet peut raconter des histoires. Croire à la vie des objets. La marionnette prend en charge des choses qui nous dépassent. C’est un superbe outil, très libérateur.

Ton jardin préféré ?
Un jardin lié à mon enfance et l’enfance de mes enfants. C’est le jardin du petit appartement de mes parents en Grèce. Ce n’est pas un jardin magnifique mais c’est un endroit dans lequel on s’est tellement retrouvés, où on s’est vus grandir, jouer, patauger avec la terre. C’est un jardin d’émotions plutôt qu’un jardin de plantes.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Cette question m’a beaucoup troublé. Je pensais à une grosse bestiole. Une panthère, peut-être. Mettre ma tête à l’intérieur de la gueule d’une panthère, pour voir ce qui s’y passe. C’est de l’ordre du fantasme, du danger, et puis j’aime beaucoup les gros chats.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Je ne sais pas. À toi de voir. Joker !


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V O O G T
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Arts visuels

V O O G T

Sessions

SESSIONS


Les V O O G T mènent une recherche permanente d’un possible fantasque qui viendrait déjouer le réel. Où qu’ils s’installent, ils prennent le temps pour questionner notre manière d’habiter le monde tout en déplaçant les forces poétiques de leurs rencontres dans de nouveaux récits qui empruntent les codes du conte, de la poésie, de la chanson, et de la mythologie. L’esthétique qui en émerge rend visible les ressources spécifiques de leur environnement pour en proposer un nouveau folklore.


ENTRETIEN
Voogt

Résidence de recherche – Arts visuels : De février à juillet 2021

Poids ?
125 kilos à deux. Mais il s’agit plutôt de masse que de poids, car le poids varie selon l’humeur et les jours. On peut paraître plus petit ou plus grand en fonction de notre état ou du contexte. La masse, elle, ne change pas.

Quelle est la genèse du projet ?
D’un positionnement pour s’échapper du quotidien, de la nécessité de développer un nouveau contact avec le temps et du constat d’un réel manque de rapport à la nature dans nos vies. Comment habite-t-on le monde ? Ce projet est un laboratoire expérimental autour du bien-être à travers la fabrication de modules praticables à partir de l’écosystème présent, où les plantes joueraient les rôles principaux de cette aventure, jusqu’à opérer à notre mutation !
Le projet précédent, notre premier projet ensemble, était un film tourné sur une plage, pour la débarrasser des objets en plastique qui l’encombraient Nous avons avancé dans ce projet avec la méthode de "procrastination structurée", en conservant le plaisir de la recherche de trésors.
C’est avec un processus similaire que nous voulons engager cette nouvelle aventure.
Suite à une petite escapade dans un Spa, le parcours nous a donné le sentiment de se faire enlever par des extra-terrestres.
Nous avons alors commencé a imaginé le Spa des VOOGT.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Pour le contexte de ce lieu si particulier, pour l’espace de la rencontre. Les ateliers comme matière de la recherche seront particulièrement propices à ce projet de ce laboratoire de bien-être expérimental, au cœur de l’hôpital psychiatrique.

Comment travaillez-vous ?
In situ la plupart du temps. De manière organique, invasive. Dans un lieu, avec tout ce qu’il y autour, avec la matière et le vivant qu’il y a sur place, sans projection de forme. Nous sommes autant colonisés par le lieu qu’il l’est par nous.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Phabrice : Au quotidien. La magie, c’est la folie contrôlée. Elle est essentielle pour survivre. Quand on embarque tout le monde dans sa schizophrénie, ce n’est plus de la folie.
Madely : Ma seule peur serait qu’elle me quitte, que je ne dialogue plus avec elle. Elle m’est très précieuse.

Ton jardin préféré ?
Un jardin luxuriant, sauvage, avec des sources d’eau naturelles immenses, un jardin où l’on pourrait se perdre, où il y aurait toujours quelque chose à découvrir, comme des plantes carnivores ou qui soignent. Un jardin pour être auto-suffisant.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Phabrice : Toutes les langues vivantes du monde.
Madely : La langue d’une ânesse pour toucher la sagesse.

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
Est-ce que votre proposition nous regarde ?


Sites des artistes

REBECCA DIGNE
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Arts visuelsExposition

REBECCA DIGNEMETODO DEI LOCI

EXPOSITION
DU 26 JUIN AU 28 AOÛT

VERNISSAGE·BRUNCH
SAMEDI 26 JUIN DE 11H À 13H

SESSIONS
LES MERCREDIS 6 JANVIER, 17 FÉVRIER ET 17 MARS DE 14H À 16H

EXPOSITION
du 26 juin au 28 août

VERNISSAGE·BRUNCH
samedi 26 juin de 11h à 13h

SESSIONS
les mercredis 6 janvier, 17 février et 17 mars de 14h à 16h


Le corps est parlé avant d’être parlant. La langue nous précède et nous constitue. Ce que je définis comme langue maternelle, ce n’est pas le chinois, l’anglais, ce n’est pas la langue “géopolitique”. Ce qui m’intéresse est de penser la langue maternelle comme une matière d’échange. Un lien qui peut être nourricier ou un nœud qui peut s’avérer aride. Cette matière constitue les fondations de chacun.


ENTRETIEN
Rebecca Digne

En résidence de janvier à juin

Poids ?
Le poids des mots.

Quelle est la genèse du projet ?
L’expérience personnelle de la maladie d’Alzheimer et ses conséquences sur la réalité qui ont transformé ma pratique artistique. Le projet a commencé à Rome à la Villa Médicis où j’étais partie tourner un film, puis il est devenu tentaculaire. Il se compose désormais en chapitres. Mon père souffrant de cette maladie, mes recherches se sont orientées vers cette maladie neurologique, pour moi il y a une analogie fondamentale entre le cerveau et la chambre noire.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Ce projet s’inscrit vraiment dans un espace architectural. Il s’inspire du Palais de la mémoire, constitué de sept chambres, dans la tradition grecque ancienne : c’est un système mnémotechnique pour se souvenir de récits longs, alors que l’on ne pouvait à l’époque se servir facilement de papier pour prendre des notes. Le 3 bis f, ancien pavillon de force pour femmes, m’est apparu comme un lieu évident pour penser la maladie, le lien était clair. C’est la salle de théâtre qui m’a donné envie d’investir le 3 bis f. À mes 17 ans, je travaillais dans le spectacle vivant avec le Cirque Invisible de Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin. Mes œuvres vidéo sont des performances filmées. J’ai aujourd’hui envie de me confronter à œuvre vivante en présence d’un public. Le 3 bis f est l’échelle pour cela, comme lieu d’expérimentations. Un lieu pour faire quelque chose que je n’ai jamais fait.

Comment travailles-tu ?
Je vois, je vis quelque chose de la réalité. Pour ce projet, il y a eu le livre L’Asile de Patrick Mac Grath. C’est l’histoire, dans un hôpital psychiatrique aux États-Unis, de la femme d’un médecin qui tombe amoureuse d’un patient.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
La folie est poreuse, on l’entrevoit lorsque l’on est dans le non-comprendre. Au moment où les choses nous dépassent. C’est notre rapport à notre limite. On en a besoin pour avancer, pour apprendre.

Ton jardin préféré ?
Le jardin de la Villa d’Este près de Rome à Tivoli : un jardin construit de fontaines et de bassins, fait de mondes inquiétants et magiques.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Joker !

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
Êtes-vous une femme libre ?


site de l’artiste

MASSIMO FUSCO
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Installation sonore

MASSIMO FUSCOCORPS SONORES

SESSIONS
JEUDI 11 FÉVRIER ET VENDREDI 2 AVRIL DE 14H À 16H

SÉANCE DE MASSAGE ET CONVERSATION
DU 8 AU 12 FÉVRIER.
DU 30 MARS AU 2 AVRIL

INSTALLATION SONORE
MERCREDI 14 JUILLET

SESSIONS
jeudi 11 février et vendredi 2 avril de 14h à 16h

SÉANCE DE MASSAGE ET CONVERSATION
du 8 au 12 février.
du 29 mars au 2 avril

dur rdv .
reservations@3bisf.com| 04 42 16 17 75

INSTALLATION SONORE
mercredi 14 juillet


Corps sonores est une œuvre composée de pastilles sonores qui, mises bout à bout, forment une collection intime d’histoires de corps. Ici, la démarche n’est pas thérapeutique mais elle se place au croisement des pratiques somatiques et artistiques entretenant un lien étroit avec l’éthique du care.
Massimo nous propose, sur rendez-vous, une séance de massage Tui Na qui ouvrira l’opportunité d’une conversation enregistrée pour rejoindre la collection de « paroles sensibles » qui constitue cette œuvre sonore.


Conception et réalisation : Massimo Fusco - Conception de l’espace sonore extérieur : Vanessa Court - Composition musicale : King Q4


ENTRETIEN
Massimo Fusco

Résidence de création – Danse – Février > avril 2021

Poids ?
Je ne sais pas très bien combien pèse une pensée, un geste, une voix, la voix d’une personne massée. J’ai la sensation qu’elle peut aller du grave au léger.

Quelle est la genèse du projet ?
Je suis danseur et je pratique également le massage Tui Na. À l’origine du projet d’installation Corps sonores il y a les rencontres des patients que je reçois à domicile et qui m’expriment le motif de leur venue. Je trouve très beau la manière introspective de se pencher sur ses propres blessures, ses propres cicatrices pour comprendre un peu de son histoire. J’ai eu envie de permettre à l’auditeur·trice de se mettre à ma place le temps d’une consultation pour avoir accès à ces histoires de corps profondes et sensibles.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Le 3 bis f est au cœur de l’hôpital Montperrin, en cela, il est un lieu culturel ouvert sur le soin. Je développe un travail axé autour du care, qui allie le sens de l’attention, de l’écoute, de la responsabilité, du soin, et de la prévenance. J’ai relu Une voix différente de Carol Gilligan qui me parle beaucoup !
Il y a aussi cette phrase inscrite sur le site Web du 3 bis f : « Si la différence vous effraie, essayer la conformité. » Pour moi, elle porte une valeur très politique et éthique qui est l’acceptation des différences, de la multiplicité des choses, des genres, des êtres. Elle résonne avec ce que j’aimerais mener en laissant entendre une diversité des corps s’exprimer.

Comment travailles-tu ?
Je souhaite rester le plus aligné possible avec mes envies de départ tout en ouvrant une vraie place à la collaboration avec Vanessa Court et Kim Q4 qui sont deux artistes que j’ai rencontrés il y a plus de sept ans. Dans les échanges que j’ai avec eux, je voudrais rester le plus poreux possible pour accueillir l’impulsion de leur vision, leurs intuitions et leurs techniques. La collaboration au cœur ! Ce projet est porté par nous, mais il sera aussi composé par toutes ces voix de personne que je n’ai pas encore rencontrées.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je pense que je fais diversion ! Ma stratégie c’est de faire avec la danse ce que je ne peux pas faire dans la vie.
La folie, je ne la cache pas. Elle est présente au quotidien. Quand je marche - et j’adore la marche dans la nature - c’est une de mes activités loisir préférés - cela accompagne ma pensée. Je fais des monologues. Cela accompagne une sorte de discours intérieur.
Je viens de parler d’une folie douce qui m’habite, il y a aussi peut-être une part beaucoup plus sombre comme pour chacun d’entre nous. La violence est aussi une expression qui doit trouver sa place dans la société.

Ton jardin préféré ?
Le potager de mes grands-parents dans lequel j’ai beaucoup de souvenirs. J’ai commencé à y apprendre à cultiver les plantes. Je trouvais ça exceptionnel le rapport à la lune, la fabrication du compost, re-nourrir la terre pour que la plante puisse pousser le mieux possible. Finalement chaque plante a sa propre façon de s’approprier son espace comme tous les êtres.
Il y a un autre jardin dans lequel j’aime me balader, c’est le jardin des Buttes-Chaumont. Dans ce jardin, il y a parfois la possibilité d’emprunter un chemin de traverse, et de pouvoir s’isoler de l’agitation de la ville. Ces chemins sont aussi, parfois des coins un peu illicites.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Ce serait celle d’un chat (une langue de bœuf ce serait un peu trop gros). Pour le côté râpeux et la douceur des cils. La douceur d’une sensation, d’une caresse de cils.
Il y a bien d’autres choses que j’aimerais chatouiller avec un cil. Je ne sais pas si les escargots ont une langue mais si je trouve un escargot consentant dans la cité, j’adorerais pouvoir le caresser avec mes cils.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
« Plutôt Descartes ou Spinoza ? »
Plutôt la rationalité, la prééminence de l’esprit sur le corps, ou plutôt l’unité du corps et de l’esprit ? C’est une question de vision du monde. Là c’est à chacun.e d’expérimenter, à chacun.e de voir...


Photographie © Matthieu Bajolet

CIE SHONEN
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Arts vivantsMusiqueDanse

CIE SHONENINFANTE

COMPAGNIE EN CONNIVENCE POUR LA SAISON

SESSIONS Infante
SAMEDI 15 MAI DE 14H À 16H

SORTIE DE RÉSIDENCE Infante
MARDI 18 MAI À 20H (sous réserve)

COMPAGNIE EN CONNIVENCE POUR LA SAISON

SESSIONS Infante
Samedi 15 mai de 14h à 16h

SORTIE DE RÉSIDENCE Infante
Mardi 18 mai à 20h (sous réserve)


INFANTE
Conception, chorégraphie : Eric Minh Cuong Castaing - Collaboration chorégraphique et pédagogique : Gaëtan Brun-Picard - Dramaturge : Marine Relinger - Plasticienne, scénographe : Anne-Sophie Turion, Pia de Compiègne

Pièce chorégraphique au croisement de la danse, d’un concert et de l’art vidéo, Infante connecte en temps réel, par Skype, 4 enfants danseurs à un groupe d’enfants ougandais, les musiciens Wakastarz, qui additionnent des millions de vues sur youtube. En jeu, une rencontre et un défi spontané, par lequel les pratiques et les créativités devront s’augmenter en vue de la réalisation d’un “double spectacle” : un spectacle se jouant de part et d’autre de l’écran en direction de deux publics simultanément présents, en France/Europe et en Ouganda/Afrique.


INFANTE – projet lauréat Tridanse 2021


ENTRETIEN
Eric Minh Cuong Castaing

Poids ?
Trois méga par seconde, c’est le minimum pour avoir une bonne connexion pour réaliser un concert à distance.

Quelle est la genèse du projet ?
C’est la rencontre avec les Wakastarz, des enfants musiciens vivant dans la banlieue de Kampala en Ouganda. Ils font des millions de vues sur YouTube à partir d’une musique géniale, hyper créative - Reggae, Reggaeton, Afrobeat - recyclant des éléments trouvés dans leur village pour en faire des instruments.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Le projet s’inscrit dans le dispositif Tridanse qui réunit quatre lieux : le 3 bis f, le Citron Jaune, le Vélo Théâtre et le Théâtre Durance. Nous le menons avec une communauté d’enfants marseillais qui doivent se connecter par le biais d’un grand écran Skype avec des enfants, les Wakastarz, pour faire un concert ensemble. Dans ce projet protéiforme, entre spectacle de danse et concert retransmis en direct par Internet, nous souhaitons tester différentes configurations scéniques dont la salle de concert, un grand plateau de théâtre, la rue et dans la confrontation avec différents publics. Ce parcours de résidences est propice à cela !

Comment travaillez-vous ?
Nous sommes plusieurs dans un projet qui existera entre l’Ouganda, la France. Cela pose beaucoup de questions sur la circulation des danses, entre le contexte français et ougandais, et d’horizontalité dans le dispositif scénique. Nous avons traversé ces sujets qui sont partagés, en ping-pong avec la dramaturge Marine Relinger, avec Gaëtan-Brun Picard qui s’occupe de l’aspect pédagogique, et Anne-Sophie Turion/Pia de Compiègne sur l’aspect plastique du spectacle, avec les enfants marseillais et avec les Wakastarz pour trouver un dialogue sur scène qui évolue de la battle à la fusion. Le ping pong ça va être le nerf, le muscle de ce projet. La première idée forte est que nous souhaitons construire un double spectacle. Dans le théâtre français, il y aura un public qui regarde la scène avec les enfants marseillais et l’image des Wakastarz. Du côté physique des Wakastarz - en Ouganda - il y aura un public ougandais qui assistera également à la représentation.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
À la fois en tant qu’artiste et dans ma vie, ma folie, c’est de produire toujours, de remplir mes journées, notamment par le travail. Comment être présent au quotidien dans la relation avec ses proches, avec les personnes avec qui on travaille et en même temps développer de multiples projets sur trois à quatre ans. C’est une gymnastique perpétuelle. Une pensée qui me traverse en ce moment, est celle d’Edouard Glissant : « Agir en son lieu, penser le monde »

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
EM : C’est un souvenir de volontariat dans une réserve indienne Navarro au nouveau Mexique, aux Etats-Unis. Je suis tombé par hasard sur un discours lors d’une réunion de communauté, un discours politique d’un vieux sage Navarro. C’était le ton d’une revendication, d’une dignité. C’est une langue inconnue qui est dans musicalité dans sa mythologie. C’est ce qui peut me faire déplacer.

A quelle question répondriez-vous « À vous de voir » ?
Voir, cela évoque aussi l’image. Aujourd’hui on ne regarde plus simplement les images, les images nous regardent. Elles voient à travers des robots, des algorithmes qui analysent ce que nous faisons. Elles nous surveillent. Dans ce projet, les images se répondent.


site de la compagnie


Photographie © Kamila K Stanley

MARK ETC
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Arts vivantsThéâtre

MARK ETCFAUTE DE TOUT POUR FAIRE UN MONDE

SESSIONS
3, 4, 5, 10, 11 MARS DE 14H À 16H

CLÔTURE DE RÉSIDENCE
VENDREDI 12 MARS À 15H

SESSIONS
3, 4, 5, 10, 11 mars de 14h à 16h

CLÔTURE DE RÉSIDENCE
vendredi 12 mars à 15h


Dystopie rétro-futuriste, spectacle immersif du groupe Ici-Même, « Faute de tout pour faire un monde » propose un voyage dans le temps pour pister les manières dont on se représente la vie future et la relation de la dynastie humaine à son contexte. Propulsés dans les pièces d’une maison allégorique à différentes époques, les spectateurs enquêtent ou tentent d’intervenir sur les équilibres d’un monde en voie d’extinction et un certain séparatisme des plus riches.


Auteur, metteur en scène : Mark ETC


ENTRETIEN
Mark ETC

Résidence de création – Théâtre & Espace public – Mars 2021

Poids ?
« plume » Je pèse 68 kg. Je suis né le 1er Mai 1968, il y a sûrement un lien. Il y a aussi un lien avec le fait d’être un poids plume. Sans vouloir trop charger le poids de l’histoire, les utopies de ces années semblent quand même bien éventées, dissipées. Cette relation du poids au temps, je veux la souligner. Je trouve qu’on n’a pas gagné grand chose et donc qu’on ne pèse pas grand chose. Dans une séquence humaine, la génération ne pèse pas grand chose. Elle pèse quand même suffisamment pour compromettre son cadre de vie. J’ai la légèreté de penser que je ne pèse pas grand chose, parce que si l’art changeait la vie ça se saurait. Je ne crois pas à cette idée même si moi ça m’a changé.

Quelle est la genèse du projet ?
Rebrousser un peu le temps, pour comprendre pourquoi on en arrive à une époque où nous savons que l’impact sur notre milieu de vie peut être tel qu’on compromet tout simplement notre capacité à nous maintenir. C’est vieux comme le monde, mais nous sommes quand même une espèce comme les autres mêlés dans un dialogue que l’on pourrait entretenir inter-espèces. Ce qui nous nourrit, dans nos organes, notre corps, les bactéries, les enzymes, en témoignent.
Le projet a cette origine. Il vient de là. Vouloir fouiller dans le passé pour moi ce n’est pas pour accumuler des preuves irréfutables de quelque chose, par exemple d’une prédisposition humaine à l’autodestruction, ce genre de grandes questions qui ont eu leur réponse y compris par le théâtre. C’est plutôt une manière de s’intéresser à la façon dont on se représente dans le monde.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Concrètement, Faute de tout pour faire un monde offre au spectateur de revisiter des époques à travers le subterfuge d’un voyage dans le temps. Cela se passe dans une maison. Une maison allégorique, constituée de pièces. Au 3 bis f j’ai envie de traiter du grenier parce que je vois bien que par la nature de cet espace, il y a quelque chose à jouer dans la relation à la psyché. J’ai envie de parler de mémoire.
Ce voyage dans le temps va faire constater que le monde est d’abord affaire de représentations.

Comment travailles-tu ?
Immersion. Je lis, je me documente. Beaucoup d’essais, pas tellement de fictions. Cependant, il y’a des choses qui reviennent dès qu’on se confronte à l’anticipation, la SF… Dans un second temps, je travaille au plateau en équipe. Je partage ces références, je vais assez loin dans la déconstruction de ce que j’imagine.
Avant de faire du théâtre je m’intéresse à ce qui fait relation, à ce qui peut être provoqué dans un espace public. Nous travaillons sur des canevas, parfois très écrits, parfois basés sur l’improvisation. Je suis ouvert à ce que nous travaillions collectivement dans ce moment-là. C’est très jubilatoire, excitant et en même temps anxiogène. Il faut arriver à tenir son sujet, à être compris et à amener quelque chose d’intéressant. À un moment donné, j’arrive à avoir une vision. Tout se met en place progressivement.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
« En toute inconscience »
Je pense à Wittgenstein : « est ce que mes jambes existent sous la table si je ne les considère pas ? » J’ai bien conscience qu’il y a quelque chose de ce côté-là, mais je ne m’y intéresse pas. Je la perçois moins comme une altération que comme un alter ego. C’est pour moi un continent, un iceberg. C’est immergé. C’est une notion très polysémique, très sociale. C’est aussi une affaire de représentations et d’expression : puisqu’on la nomme tel un désordre, au moins aux yeux de ceux qui trouvent ordre et un agencement au monde qui les entoure.

Ton jardin préféré ?
J’ai pensé tout de suite, exubérance. A priori mon jardin préféré est moussu, humide, odorant. Il est charnel, fourmillant, infini. Dans tout ce qui est charnel il y a quelque chose de fusionnel, c’est une relation au monde, à la planète terre.
Du jardin, je passe plutôt au parc et du parc je me suis dit que j’aimais bien converser, marcher avec quelqu’un. Il est venu un peu un modèle de jardin que j’aime en promenade : ces jardins terrassés, en restanques : ils offrent un spectacle à voir. L’idée de partager une vue me plait.
Il y a aussi les jardins urbains. Dès que je rentre dans un jardin ce qui m’intéresse en vérité, ce sont les gens qui s’y trouvent, les événements. J’aime bien regarder, j’aime bien quand ça me relie. Mon jardin préféré est un lieu qui me met en relation.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Un pangolin. Un animal radicalement différent. La belle et la bête.
La langue des signes.
La langue d’un enfant peut-être.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
En général, je n’aime pas esquiver les questions. Je pense que la fonction d’artiste est d’amener aux questions. Je n’aime pas y répondre non plus, même si je peux avoir un point de vue. Je serais tenté de dire : « quelle est la question ? ». Si on me répond « à vous de voir » je me dis « mon travail a marché ». Cette question ouvre celle de la subjectivité.


site de la compagnie

ROMAIN BIGÉ | ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX EN PROVENCE  Félix Ciccolini
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ROMAIN BIGÉ | ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX EN PROVENCE Félix CiccoliniHacking Sensoriel

SESSIONS
LES MERCREDIS 3, 24 MARS, 21 AVRIL DE 14H À 16H

SESSIONS Hacking Sensoriel
mercredis 3, 24 mars, 21 avril de 14h à 16h


Qu’est-ce que tu vois quand tu fermes les yeux ? Comment sens-tu ta peau frottée par tes vêtements ? Ça ressemble à quoi, le sens de la gravité ? Et si on pouvait pirater nos propres sens pour leur faire sentir des choses qu’ils n’ont jamais senties ? Chaque session sera une micro-plongée dans des pratiques auto-cobayes qui se sont développées aux Etats-Unis dans les dernières décennies du 20ème siècle, le Contact Improvisation et les Tuning Scores.


Ateliers ouverts - Danse - Dans le cadre d’un partenariat avec l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence Félix Ciccolini.


Romain Bigé enseigne la philosophie à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence Félix Ciccolini. Ces sessions prennent place au sein de son enseignement auprès des étudiant·e·s à qui iel transmet l’épistémologie et la philosophie de l’art.
Comment penser l’expérience de la création artistique ? Plutôt que de réfléchir aux œuvres, comment pouvons-nous nous armer pour décrire nos vécus de créations et d’actions collectives ?


Photographie © Anna M. Maynard

ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX EN PROVENCE Félix Ciccolini
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ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX EN PROVENCE Félix CiccoliniVANDALES | Workshop avec Antonija Livingston

WORKSHOP
8 - 12 mars 2021

VANDALES
Workshop avec Antonija Livingston invitée par Romain Bigé

8 - 12 mars 2021


Do. Don’t do. Modify.Witness.Report.
Faites. Ne faites pas. Modifiez. Regardez. Racontez.


Workshop accueilli dans le cadre d’un partenariat avec l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence Félix Ciccolini


Antonija Livingstone est une artiste indépendante basée à Berlin. Autodidacte, sa pratique évolue à partir de méthodes queer et opère à l’intersection de la performance et des arts visuels in situ. Livingstone grandit au sein d’une famille de géologues itinérants, se déplaçant dans les mines d’or du Grand Nord canadien : elle en retire une intimité avec les éléments et une propension à l’improvisation des moyens et des désirs. Son besoin de réenchantement l’incite à des collaborations avec des artistes visuelles, des danseuses et des étrangères. Cherchant à troubler l’activité du spectateur, amoureuse des corps insoumis et du renversement des logiques de la perception, Livingstone crée des chorégraphies, des objets et des antidotes.

Romain Bigé enseigne, traduit, écrit et improvise avec des danses contemporaines expérimentales et des philosophies queer& trans*féministes. Iel vit nomadiquement entre Paris, le Périgord, Aix-en-Provence et quelques destinations empruntables par train. Ancienne étudiante de l’École Normale supérieure, agrégée et docteure en philosophie, mais aussi danseuse, commissaire d’exposition, iel développe des installations et des écritures visant à renommer les savoir-sentir et les savoir-penser venus de la performance et des danses improvisées. Iel a notamment publié Gestes du Contact Improvisation (Musée de la danse, 2018) et dirigé la monographie Steve Paxton : Drafting Interior Techniques (Culturgest, 2019). Iel est actuellement professeure d’épistémologie à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence.


Visuel © Antonija Livingstone et sa partenaire, Winnipeg Monbijou. Image : Nikol Mikus.

PAULINE BRUN
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Arts vivantsDansePerformance

PAULINE BRUNRAIDE D’ÉQUERRE

SESSIONS
23, 25 ET 30 MARS DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
JEUDI 1ER AVRIL À 15H ET 19H

SESSIONS
23, 25 et 30 mars de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
jeudi 1er avril à 15h et 19h


L’expression « raide d’équerre » pointe avec ironie ce qui se plie, frise, penche, flanche, titube. Dans ce spectacle, Pauline Brun creuse les altérations et les écarts dans le réel pour construire, dans la fiction, d’autres formes d’altérités.


Concept, chorégraphie et scénographie : Pauline Brun - Performance : Pauline Brun et apparitions des collaboratrices.eurs - Création son : Diane Blondeau - Création lumière : Florian Leduc - Dramaturgie : Céline Cartillier - Assistante : Valérie Castan


ENTRETIEN
Pauline Brun

Résidence de création – Danse – Mars, avril 2021

Poids ?
« chiche ».
J’ai finalement procédé avec une méthode avec laquelle je travaille qui est de regarder la définition du mot : « objets lourds utilisés pour certains entraînements physiques ».

Quelle est la genèse du projet ?
Raide d’équerre s’inscrit dans la continuité des différentes propositions que j’ai menées jusqu’ici. Ce projet assemble deux disciplines que je pratique : l’art plastique et la chorégraphie. Il cherche à explorer d’autres formes d’altérité. Pour cela, je passe par des formes d’hallucination ou de vérification d’existence des choses.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
C’est un lieu qui m’intéresse parce qu’il met en relation ces deux champs que sont les arts visuels et vivants. Ce qui me rend très curieuse de ce lieu, c’est le fait qu’il crée des liens entre l’hôpital psychiatrique et un public plus large. Que ce lien puisse être un processus qui se partage, qui s’expérimente.

Comment travailles-tu ?
J’ai une manière de travailler assez empirique. Il y a une articulation, une espèce de logique interne, un lien de cause à effet dans l’ensemble de mon travail. Une logique, non pas illogique mais plutôt absurde, une logique propre. Je regarde avec attention ce qui apparaît dans le « faire », ce qui peut être de l’ordre de l’accident, qui est récupérée, re-pratiqué, écrit, maîtrisé. Puis, qui donne une chose nouvelle. C’est un chemin. C’est aussi un travail d’équipe. Quand on travaille ensemble, ce qui est important pour moi c’est qu’il y ait une forme d’horizontalité des échanges à tous les endroits. On débat, on n’est pas forcément d’accord, on rit. C’est un espace de collaboration où découvrir de choses que l’on ne pouvait pas anticiper.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je vois ça comme un terrain de jeu et d’exploration. Cette question me fait penser à un précédent projet, Étalon, une série de vidéos et de performances qui parlent de mesures et de normes que l’on viendrait questionner. Il s’agit de trouver de la distorsion, de questionner le standard. Cela se poursuit dans Raide d’équerre où il est question de la distorsion du rapport au temps, à l’espace, à son corps, au corps de l’autre, sur de nombreux niveaux de relations. C’est aussi un travail qui s’intéresse à l’inefficacité, à l’absurde, à construire un corps qui serait un peu contre-productif.

Ton jardin préféré ?
Ce qui m’est venu tout de suite c’est Jardin de Yûichi Yokoyama, un dessinateur de BD. Je le trouve incroyable. C’est le jardin qu’on projette : un jardin sans fin, une zone d’exploration, une curiosité qui se transforme en permanence.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Ma première réponse, spontanée, serait celle d’un dinosaure herbivore.
La seconde serait une langue qui ne serait peut-être pas de l’ordre de l’oralité mais davantage du côté du silence et de l’action.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
« Est-ce que vous préférez avoir un bras en mousse ou une jambe en bois ? »


Site de l’artiste


© Mélissa Boucher

HÉLÈNE BELLENGER ET CHARLOTTE PERRIN
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Arts visuelsExposition

HÉLÈNE BELLENGER ET CHARLOTTE PERRINPLAISIR SOLIDE

EXPOSITION
DU 17 AVRIL AU 5 JUIN 2021

VERNISSAGE BRUNCH
SAMEDI 17 AVRIL DE 11H À 13H

EXPOSITION
du 17 avril au 5 juin 2021

VERNISSAGE BRUNCH
samedi 17 avril de 11h à 13h


Positif, rigide ou lustré. Mesure, confort, ou succès. À l’image du protocole aléatoire de création de titres élaboré par les deux artistes, Plaisir Solide réuni les recherches et travaux d’Hélène Bellenger et Charlotte Perrin le temps d’une exposition en duo.

Plaisir Solide, c’est la rencontre d’un nom et d’un adjectif que l’on n’a pas coutume d’associer et le titre de l’exposition à venir dans les espaces du centre d’art contemporain du 3 bis f. Un titre tout droit sorti de l’atelier, à l’issue d’un exercice d’écriture où les notions à l’œuvre dans le travail et les recherches en cours des artistes ont établi un premier contact par l’intermédiaire de l’outil sémantique.

Gaston Bachelard affirmait qu’une intuition ne se prouve pas, qu’elle s’expérimente. Ici, l’intuition est celle de l’invitation dans l’espace partagé de l’atelier à deux pratiques distinctes, inconnues l’une de l’autre, en misant sur le pressentiment d’une porosité possible, et en faisant le pari de la rencontre aussi bien humaine qu’artistique.


Les expositions sont ouvertes du mardi au samedi de 14h à 18h & rdv.
Le 3 bis f est fermé du 1er au 9 mai ainsi que le 13 mai.
Entrée libre.


ENTRETIEN
Hélène Bellenger & Charlotte Perrin

Résidence de création – Arts visuels – Mars > avril 2021

Poids ?
Poids plumes !

Quelle est la genèse du projet ?
Nous avions toutes deux répondu à un appel à candidature du 3 bis f pour les résidences de recherche en arts visuels. Diane Pigeau, directrice artistique du centre d’art, a choisi nos deux dossiers en ayant l’intuition d’une porosité entre nos deux pratiques. Le principe est que les deux artistes en résidence de recherche aient un temps ensemble dans l‘atelier.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Nous connaissions le 3 bis f toutes les deux.
Hélène : J’avais très envie de m’ancrer à Marseille après avoir voyagé plusieurs années dans le cadre de résidences à la sortie de l’Ecole de la Photographie d’Arles en 2016 (notamment à Deauville, Aix-en-Provence, Karnak (Égypte), Toulouse, Tours, Bastia). Je connaissais le 3 bis f et ses espaces car j’étais venue voir l’exposition de Linda Sanchez et Sarah Forrest en 2018.
Charlotte : Je vis déjà depuis plusieurs années en Allemagne et je souhaitais revenir dans ma région natale. Je connaissais le 3 bis f de nom, mais je ne connaissais pas les espaces. En voyant des images de l’atelier dans l’appel à candidature, j’ai eu envie d’investir l’espace en me focalisant sur une pratique sculpturale, évolutive et basée sur les formes et matériaux collectés sur place. Le contexte du 3 bis f où l’on partage l’évolution d’un travail en cours en ouvrant l’atelier lors de sessions se prêtait bien à ce nouveau champ d’expérimentations.

Comment travaillez-vous ?
Diane a eu beaucoup d’intuitions car si nos formes finales et nos sujets sont assez différents, nous procédons de manière similaire : nous travaillons par collections et détournements.
Hélène : Mes projets prennent la forme d’un travail d’enquête, suivi de collections d’images et de détournements (numériques ou spatiaux) ; Je travaille spécifiquement à partir de ma culture visuelle occidentale en interrogeant les soubassements techniques, économiques et politiques qui s’immiscent dans le « re » de représentation.
Charlotte : Dans mon travail, je suis fortement influencée par le contexte et les espaces dans lesquels je travaille ou dans lesquels je suis amenée à exposer. Je travaille d’une certaine manière in situ, ou plutôt en relation à, tout en poursuivant une recherche sur les matériaux dont je révèle les propriétés et que je détourne de leurs usages.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Hélène : Ce qui est drôle c’est qu’au bout d’un moment durant la résidence, notamment ces dernières semaines, le rapport de force “normalité et périphérie” s’est inversé. J’avais l’impression de voir des patients dans les rues de Marseille et je ressentais parfois un certain apaisement à revenir à l’hôpital Montperrin. J’ai écouté récemment une archive sonore de Jean Malviel, un des co-fondateurs du lieu, expliquant “l’internement volontaire” des artistes qui viennent en résidence au 3 bis f. Cet espace nous amène à nous questionner sur la définition même de “folie”.
Charlotte : Pour des mesures de sécurité, les portes des pavillons doivent être systématiquement refermées derrière soi. Logeant sur place, j’ai dû apprendre à ouvrir et fermer les portes constamment, ce qui m’a amené à questionner la notion d’habitat, ce que veut dire se sentir chez soi, notre rapport à l’architecture, qui est une question récurrente dans mon travail. Cette thématique a trouvé un écho durant le confinement, qui nous a confronté comme jamais à notre habitat, un espace qui nous protège mais aussi nous enferme.

Ton jardin préféré ?
Hélène : La Villa Borghese à Rome, qui n’est pas un jardin mais un grand parc à côté de la Villa Médicis, très beau, avec une horloge hydraulique, des statues et beaucoup de couches d’histoire de l’art qui se superposent.
Charlotte : Le jardin botanique de Wuppertal, où j’organise avec Jonas Hohnke et Jaana Caspary, l’exposition Skulpturenprojekt Hardt de juillet à septembre. C’est un jardin très vallonné, la nature y est domestiquée, maîtrisée, néanmoins magnifique. Le parcours fait découvrir des espaces parcellaires, ponctués d’interventions sculpturales qui interagissent avec le contexte.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Aucune !

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
Qu’est-ce qu’il y aura dans notre exposition ?


Sites des artistes
Hélène Bellenger
Charlotte Perrin


© Bellenger-Perrin

LES CORPS PARLANTS | MATHILDE MONFREUX
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Danse

LES CORPS PARLANTS | MATHILDE MONFREUXCaring Banquise

PERFORMANCE
MERCREDI 28 AVRIL À 15h

SESSIONS
LES 21, 22, 23, 27, 29 AVRIL DE 9h30 À 10h30

ATELIER-STAGE
SAMEDI 24 AVRIL DE 14h À 17h

PERFORMANCE
mercredi 28 avril à 15h

SESSIONS
21, 22, 23, 27, 29 avril de 9h30 à 10h30

ATELIER-STAGE
samedi 24 avril de 14h à 17h


" Faire Banquise " ce serait comme constituer une grande peau collective, ouvrir nos sens de spectateurs de manière à voir avec la peau et avoir des visions touchantes, penser et panser, soigner, danser.
Au cœur du projet : une chorégraphie d’emboitements de corps et le désir de les mêler, de questionner l’intimité. De déplacer les frontières entre social, art et politique.


Conception et déroulé : Mathilde Monfreux, en collaboration avec l’équipe - Chorégraphie : Mathilde Monfreux - Danse : Mathilde Monfreux, Virginie Thomas, Gaëlle Pranal et en alternance Clémence Diény / Anne Gaëlle Thiriot - Doublure, assistante chorégraphique laban : Anne Gaëlle Thiriot
Chercheur invité : Jérèmy Damian - Musique, dispositif sonore live : Raphaëlle Dupire-Loubaton - Installation vidéo-danse : Trecy Afonso


Projet Lauréat Tridanse 2020


ENTRETIEN
Mathilde Monfreux

Résidence de création – Danse – Avril 2021

Poids ?
360 si on est 6 et 300 si on est 5.

Quelle est la genèse du projet ?
Un contexte de confinement anticipé en 2019 lors d’un temps que je m’étais accordé pour rêver et me reposer. Un appel à projet qui passe et qui est prétexte à organiser des rêves. En termes de désir, il y avait un terrain favorable à réunir l’activité de transmission et de création. Ne pas dissocier ces deux modalités de travail, voir même en faire un petit défi pour amener la question de la transmission au cœur d’un dispositif de création.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Le 3 bis f a fondé, avec le Citron jaune, le Vélo Théâtre, le dispositif Tridanse, pour lequel j’ai répondu à l’appel à projet. J’avais aussi l’intention de retourner dans un lieu que je connaissais. Était-ce possible de revenir ici de manière entière, dans le sens d’une générosité ? Jusqu’à maintenant, j’étais venue travailler des pièces. J’avais l’envie d’en augmenter la relation de participation avec le contexte de l’hôpital. D’aller davantage vers un « habiter ensemble » ou « habiter la création » dans ce lieu. Cet endroit m’a invité à rassembler mes désirs et à décloisonner des compétences. C’était aussi la dernière année de Sylvie Gerbault (directrice du 3 bis f jusqu’en 2020). Cela relève un peu de l’idée de se faire un cadeau à soi-même, de venir faire un cadeau au lieu, d’honorer un cycle - qui n’est pas que le mien mais qui est celui d’un contexte, d’une personne.

Comment travailles-tu ?
Je rêve. Je lis. Je déplie. Je cartographie. Je cherche du nous. Nous dansons, nous expérimentons, nous faisons. J’actualise souvent. Je m’inspire beaucoup des contextes et des gens. Je suis très influençable et en même temps je tire des fils entre activités de transmission, de création, de laboratoire. Récemment, nous avons expérimenté des siestes collectives partageant une question, par exemple : « comment faire en situation Covid ? » J’ai énoncé une problématique, des questions, des enjeux. Une fois que cela était déposé, on s’est proposé une sieste collective pendant laquelle Virginie Thomas (collaboratrice) a joué du tambour. L’idée était de rêver à des réponses et de ne surtout pas y rêver de manière raisonnable. Nous avons essayé de laisser émerger des visions. Non pas forcément pour les réaliser mais au moins pour les faire advenir, les partager et voir comment elles allaient nourrir le processus.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
C’est peut-être là que je pourrai répondre « À vous de voir ».

Ton jardin préféré ?
Un jardin planétaire. Plus qu’un lieu, c’est un concept, une relation à l’environnement qui porte son attention sur la manière dont l’homme organise ou régit la nature. C’est une espèce d’extension de la question du jardin, à la question d’une nature non domestiquée. Je pense que mon jardin préféré, c’est un jardin qui n’est pas trop domestiqué.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Les cils de l’oreille interne. Il y aurait quelque chose d’un lien entre la musique et la langue. Ce serait comme un fantasme de pouvoir accéder à du sens à travers une écoute musicale des langues, accéder à la question du langage par d’autres canaux que l’endroit du cognitif. Les cils de l’oreille interne, sont une multitude de petits capteurs. Le langage du corps et celui de la musique se connectent au niveau de l’oreille interne.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
C’est la question cohabiter avec sa propre folie. Aujourd’hui je ne suis pas en capacité de dessiner des contours de la mienne.


site de l’artiste


Photographie © Christophe Gentil

KO.COM I MANON AVRAM
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Danse

KO.COM I MANON AVRAM Steps

SESSIONS
JEUDI 20 MAI DE 14H À 16H
MARDI 25 MAI DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
JEUDI 27 MAI À 20H

SESSIONS
jeudi 20 mai de 14h à 16h
mardi 25 mai de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
jeudi 27 mai à 20h


STEPS est entièrement construit autour du documentaire « Des spectres hantent l’Europe », de Maria Kourkouta, réalisé en 2016 dans un camp de réfugiés à Idoméni, petite ville en Grèce à la lisière de la frontière avec la Macédoine. En laissant parler les corps, c’est avant tout un regard poétique et politique, sur l’histoire de la migration qui nous est proposé par le film. La pièce chorégraphique tente de restituer ce/ces regard-s au plateau, avec seulement deux femmes et une centaine de chaussures.


Avec : Fanny Avram et Mélanie Vénino - Chorégraphie : Manon Avram - Musique : Jérome Lapierre - Scénographie plastique : Collectif KO.com - Regard Extérieur : Maria Kourkouta


Poids ?
« À vous de voir ».

Quelle est la genèse du projet ?
Il prend sa source en 2015, à travers des entretiens et des ateliers menés avec de jeunes femmes syriennes. Dans la force de la rencontre se sont posées deux questions : celle des frontières au sens large du terme, qu’elles soient visibles ou non, entre les pays ou dans le rapport entre les individus, et la question du témoignage au plateau. Que faire de témoignages absolument extraordinaires ? Comment les amener au plateau sans être dans une forme d’instrumentalisation ?
Progressivement j’ai souhaité éprouver ces questions en travaillant avec des professionnels, comédiens et danseurs, qui n’avaient pas vécu ces expériences. L’une des entrées possibles était d’aborder les témoignages à travers le corps plutôt que par la parole. De là est née une pièce : « Quand on se retrouve chacun reprend sa place ».
Durant cette période, j’ai beaucoup lu. Je suis tombée sur un ouvrage de Georges Didi-Huberman , " Passer, quoiqu’il en coûte" , qui traite du film documentaire « Des spectres hantent l’Europe » de Maria Kourkouta. J’ai été absolument portée par ce film. J’ai cherché à rencontrer la réalisatrice avec un fort désir d’amener ce film vers le plateau. La pièce qui en découle s’appelle STEPS. C’est une pièce pour 100 paires de chaussures et deux danseuses. La place des chaussures est primordiale, comme elle est primordiale dans le film.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Il y a, pour moi, une vraie histoire avec le 3 bis f car cela fait la troisième ou quatrième fois que je viens et c’est un espace de travail que j’affectionne profondément. Il résonne aussi à la question de la fragilité des frontières. Michel Agier, anthropologue associé au projet STEPS, parle des camps qui accueillent les réfugiés comme des espaces « entre ». La frontière n’est pas une ligne. Les deux endroits interagissent et créent un monde nouveau.

Comment travailles-tu ?
Je travaille de manière très artisanale. Mon premier métier étant la photographie, je viens de l’image argentique et du laboratoire. J’ai besoin de me plonger dans un sujet pour le comprendre. Non pas pour faire de l’anthropologie, de la sociologie ou de la philosophie au plateau mais parce que j’ai besoin de comprendre le sujet que je traite, pour comprendre ma place et la manière dont cela peut être abordé. J’ai besoin de matière, de toucher. J’écris une danse à partir d’images.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Ce n’est pas facile parce que je crois que, quand elle me fait peur, j’essaye de l’évacuer. Quand elle serait pour moi bénéfique et qu’elle n’est pas là, elle me manque.

Ton jardin préféré ?
Le jardin potager.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Celle qui serait inaccessible.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
Cette question adresse la responsabilité du choix à l’autre/aux autres. Je la trouve étonnante. Mais il y a un endroit qui me dérange. Cela peut signifier « je ne prends aucuns risques », ou « cela ne m’intéresse pas ».

J’ai beaucoup abordé la question du portrait et de la représentation de soi. Je dirais donc : « Quelle représentation tu te fais de moi ? ».


site de la compagnie


© Manon Avram

BASTIEN MIGNOT
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Arts vivantsThéâtre

BASTIEN MIGNOTUN REGARD SUFFIT À RAYER L’INVISIBLE

SESSIONS
2, 4 ET 9 JUIN DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
JEUDI 10 JUIN À 20H

SESSIONS
2, 4 et 9 juin de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
jeudi 10 juin à 20h


Un regard suffit à rayer l’invisible déplie le motif du noir dans un rêve d’obscur. Le noir y est l’origine de nos métamorphoses à venir. La nuit tombe à la fin de chaque jour. La nuit nous entoure et nous constitue comme l’air que nous respirons. L’Obscurité est la matière même du théâtre. L’Obscurité est cet être invisible et vivant avec lequel je me propose de tisser quelques alliances pour dessiner de nouvelles cosmogonies.


Conception, scénographie et mise en scène : Bastien Mignot - Avec : Alix Boillot, Julie Menut, Antoine Cegarra - Lumière : Manon Lauriol - Son : Clément Vercelletto - Dramaturgie : Céline Cartillier


ENTRETIEN
Bastien Mignot

Résidence de création – Danse – Juin 2021

Poids ?
Ça m’évoque quelque chose de l’enfance, une question de physique élémentaire, où on se demande : « Qu’est-ce qui est le plus lourd, un kilo de plomb ou un kilo de plumes ? » Le poids est strictement le même, la devinette dit explicitement que c’est un kilo, mais notre esprit hésite car l’espace d’un kilo de plumes et l’espace d’un kilo de plomb ne sont pas les mêmes. C’est le volume qui entre en jeu. Ça illustre l’arbitraire de la mesure, qui ne tient pas forcément compte de la consistance de la matière.

Quelle est la genèse du projet ?
La genèse de cette pièce est assez lointaine. Quand j’ai commencé à faire des pièces en 2012, je me suis placé dans l’espace liminaire du crépuscule. J’ai mis mon corps en jeu dans ce moment de la journée qui effleure le début de la nuit. J’ai aussi mené une exploration avec le photographe Grégoire Edouard et nous avons constitué un corpus de photographies et de vidéos dont les images ont été prises à la fin du jour. Continuer de marcher sur ce chemin m’amène dans la nuit. Un regard suffit à rayer l’invisible, nait d’une exploration nocturne. Parmi les sources, il y a Rêver l’obscur, le livre de l’éco-féministe Starhawk dont le titre lui-même représente à mes yeux une forme d’injonction positive, un mantra, une action à faire, à rêver l’ombre. Pour Starhawk cela implique d’accepter les parts d’obscurité en nous-mêmes pour y retrouver de la force. Cette lecture a été une étincelle.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Alors tout simplement, parce que j’y ai été invité. Après, je dirais que ce qui entre immédiatement en résonance avec mon travail, c’est la dimension de relation et de soin qu’il y a dans cet établissement. Une autre chose qui me semble spécifique et d’importance : c’est la recherche. Dans les arts vivants elle est rarement au premier plan.

Comment travailles-tu ?
Dans le cas de cette pièce, je travaille avec le temps, sur la longueur. Cela fait à peu près quatre ans que j’en ai posé les premières intentions. Il y a une part du travail que je fais seul, c’est un moment de recherche. Je le nomme plutôt promenade, exploration. Ce n’est pas une recherche scientifique. C’est plutôt de la dérive. Je développe notamment une pratique de collecte. Cette collecte est ensuite mise en forme dans des atlas, héritée d’une pratique warburgienne en quelque sorte [Andy Warburg, 1866-1929, est un historien de l’art dont le travail a posé les bases de l’iconologie, notamment avec L’Atlas mnémosyne].. Je prélève des éléments à la fois dans la littérature, à la fois dans l’histoire de l’art, des sciences, de l’occultisme… Une fois au plateau, il s’agit de faire confiance à des visions, ces choses que l’on projette, qui nous arrivent, qui sont de l’ordre de l’intuition. Ce sont ces visions qui travaillent. Je crois fort aux phénomènes d’apparition. Ces apparitions ont pour véhicule la confiance, la confiance dans l’espace, dans les fantômes de l’espace, dans les personnes avec lesquelles je travaille, dans la pièce, dans l’état de mûrissement de la pièce. Car c’est la pièce qui décide.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Par l’écoute et le dialogue. Les différents moi cohabitent dans le moi que tu vois là en face de toi. À l’intérieur il y a plusieurs parts de moi, certaines que je connais, d’autres non. Elles ne sont pas toujours d’accord entre elles.

Ton jardin préféré ?
Mon jardin préféré, c’est la forêt. C’est celui qui n’a pas d’enclos, il est situé dans « l’ouvert », comme dit Jean-Christophe Bailly. C’est un écosystème. Il ne serait plus la marque de la supériorité de l’homme sur le reste du vivant. Cela me renvoie au concept de Gilles Clément : « le jardin planétaire », où les frontières de l’enclos du jardin sont celles de la planète elle-même. Il s’agirait de laisser les mauvaises herbes exister, laisser les vivants s’agencer, s’exprimer.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Ce serait l’hébreu. Les cils, c’est presque les yeux, c’est le regard. Cette langue est charnière dans l’histoire de l’humanité et dans l’histoire de notre rapport avec le réel. C’est une langue, comme l’arabe, où, à l’origine, il n’y a pas de voyelles écrites. C’est une langue qui a besoin de la parole, qui n’est pas totalement enfermée dans l’alphabet.
Je pense au livre Comment la terre s’est tue, de David Abram. Dans ce livre, extraordinaire à bien des égards, David Abram fait enquête sur le moment où les humains se sont déconnectés du reste du vivant et se sont enfermés dans leurs propres préoccupations d’humains. Son enquête passe par la sémiotique, par la langue. Il parle notamment de la langue hébraïque comme se situant encore dans la matérialisation, à sa lisière, après les écritures hiéroglyphiques, pictographiques et idéographique. Il y a encore la présence de la réalité de la chose. En chinois par exemple, le mot arbre est un idéogramme qui représente un arbre. Dans notre alphabet post-hébraïque, dans notre alphabet romain, en français, arbre c’est a.r.b.r.e, ce qui n’a plus aucun lien sensible avec un arbre.

À quelle question répondriez-vous « À vous de voir » ?
Ce serait peut-être à cette question : « Quelle est la signification d’une œuvre, en l’occurrence celle que je suis en train de faire ? » J’ai des nécessités vis à vis de cette pièce. Ce n’est pas forcément intéressant de les entendre parce que ces nécessités-là vont se traduire dans les formes. Elles vont irriguer le travail. Ce que va en faire une personne à son contact, sa façon de recevoir le travail, le sens qu’elle y donnera, c’est à elle de voir…


© Raphael Fourau

THÉÂTRE DOCUMENTAIRE ALIX DENAMBRIDE & MANU VIGIER
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Théâtre documentaire

THÉÂTRE DOCUMENTAIRE ALIX DENAMBRIDE & MANU VIGIERHUIT CALIBRES, 1 CARTOUCHE DE GITANES, 1 MICRO

SESSIONS
17 ET 22 JUIN DE 14H À 16H

TRAVERSÉE DOCUMENTAIRE
JEUDI 24 JUIN À 20H

SESSIONS
17 et 22 juin de 14h à 16h

TRAVERSÉE DOCUMENTAIRE
jeudi 24 juin à 20h


Alix Denambride et Emmanuel Vigier amorcent un processus d’écriture basé sur une recherche documentaire et historique sur les pas du personnage de Georges Courtois. Jouant les codes du théâtre, du procès et de la télévision ils déplient un processus mêlant récits et "reenactment" (reconstitution).


Autrice et Metteure en scène : Alix Denambride - Auteur et Réalisateur : Emmanuel Vigier


ENTRETIEN
Alix Denambride & Emmanuel Vigier

Résidence de création – Création documentaire – Juin 2021

Poids ?
Emmanuel : Stable.
Alix : variable.

Quelle est la genèse du projet ?
E : La rencontre avec le personnage de Georges Courtois dans des rushes que me montre Alix. Il est metteur en scène de lui-même, metteur en scène de la justice, metteur en scène de l’information. Un personnage "super metteur en scène".

A : Initialement je travaillais sur l’écriture d’un projet autour de l’injustice sociale qui progressivement est devenu ce projet-ci. J’avais mené un certain nombre d’entretiens avec une juge d’instruction à Bruxelles et d’anciens détenus. En entendant parler de Georges Courtois, en découvrant ces images, j’y ai vu quelque chose qui est de l’ordre de la revanche. Une revanche sociale extrêmement puissante.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
E : C’est un lieu dans lequel j’ai déjà été accueilli. Un lieu où l’approche de la création est sensible, où l’on peut être bousculé, bouleversé. Il y a la possibilité de la rencontre qui vient se loger dans le processus de création et le nourrir. C’est la promesse d’un lieu de travail extrêmement vivant et risqué. Courtois, des risques il en a pris....

A : À l’endroit de la folie du personnage sur lequel nous travaillons, ce renversement des rôles, parle, il parle dans les murs.

E : Courtois est hors des clous, hors les murs. Il est hors tout ! À la croisée des chemins. Arriver au 3 bis f avec un gars comme ça, c’est plutôt chouette.

Comment travaillez-vous ?
A : Nous avons un peu la même manière de travailler. Nous sommes ainsi passés de collaborateurs à co-auteurs. Nous avons des rythmes similaires : des processus longs d’écriture, accordant une large part à la documentation et à la recherche. Nous emmagasinons beaucoup de matières. Nous sommes d’abord des collectionneurs avant de commencer à donner une forme.

E : Je parlerais aussi de confiance au fil des années. Nous sommes de vrai.e.s obsessionnel.le.s. Dès lors que nous sommes sur un chemin, nous y sommes longtemps, avec insistance. Nous ne décrochons pas ! Cela demande de la rigueur et dans cette rigueur là il y a aussi de la folie possible. Nous fonctionnons avec nos rêves, avec ce qui vient s’inviter à nous. Il y a une musique que nous sommes arrivés à trouver tous les deux. Cela se fait dans une grande joie mais à chaque fois sur des chemins très périlleux.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
E : C’est une question de distance. En essayant qu’elle soit plutôt amie. Qu’elle vienne se loger dans la création, plutôt qu’ailleurs. Dans tous les cas elle est là, inévitablement. C’est un mot que j’aime beaucoup, « folie ». J’aime beaucoup le mot « fou ». Ce n’est jamais péjoratif dans ma bouche. Essayer de trouver une distance, essayer de faire avec elle tout le temps. Des fois ça ne marche pas.

A : La folie qui porte plutôt qu’elle n’empêche.

Ton jardin préféré ?
E : J’ai une réponse très « au ras des pâquerettes ». Mon jardin préféré, est celui d’amis dans les Alpes. J’aime un endroit très précis de ce jardin. C’est un arbre. Très souvent quand je le vois, je dis à mes amis : « vous viendrez disperser mes cendres à cet endroit ».

A : Le potager de ma mère. C’est un endroit où j’ai passé beaucoup de temps depuis l’enfance. Je ne l’ai jamais aidé pour ce potager ! Par contre, je m’asseyais toujours sur un caillou pour lui parler de tous mes états d’âme.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
A : Le Perse.
E : La langue du poète.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
A : Pas simple… non parce qu’au début j’avais pensé à : « De quoi sera fait demain ? » et en même temps ce n’est pas « à vous de voir » c’est « à nous de voir ».

E : C’est difficile parce que je crois que je ne réponds jamais ça. C’est vraiment une manière de dire : « à vous de voir ». Je crois que je m’efforce toujours de répondre quelque chose. Je n’arrive pas m’imaginer « à toi de voir ».


site de la compagnie


© Sébastien Normand

JONAS CHÉREAU
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Arts vivantsDanse

JONAS CHÉREAURÉVERBÉRER

SESSIONS
30 JUIN, 2, 7 ET 9 JUILLET DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
MERCREDI 14 JUILLET

SESSIONS
30 juin, 2, 7 et 9 juillet de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
mercredi 14 juillet


R É V E R B É R E R est un espace où l’on prend soin des nuances, où les corps renvoient de la lumière et reflètent des ombres, un lieu qui défend le droit à l’obscurité et qui ne renonce pas à l’harmonie. Un endroit où la danse et la lumière sont indissociables.


Conception : Jonas Chéreau - Interprétation & Création lumière : Pauline Brun, Jonas Chéreau, Estelle Gauthier, Marcos Simoes


ENTRETIEN
Jonas Chéreau

Résidence de création – Danse – Juillet 2021

Poids ?
Je ne connais pas mon poids, car je n’ai pas de balance chez moi. Par contre, je sais que parfois je peux être très lourd ou très léger. C’est un peu variable.

Quelle est la genèse du projet ?
Réverbérer part de l’idée de s’intéresser aux sensations que procure la lumière, tant émotionnellement que physiquement. C’est cette chose simple d’observer comment la lumière vient nuancer les choses et parfois les rendre plus complexes.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Il y a plusieurs raisons. J’ai vraiment aimé la manière dont on m’a amené à venir au 3 bis f, comment on m’y a invité. Ensuite, je trouve très inspirant le fait que ce lieu soit inscrit dans la société. Il y a aussi un intérêt, par rapport au fait d’aller dans le sud. Je vis en Belgique, dans une ville du nord (Bruxelles) et venir ici convoque un rapport différent à la lumière, qui va nourrir le projet.

Comment travailles-tu ?
Je travaille de manière empirique, très en lien avec mon intuition. En général, au bout d’un moment, l’objectif se resserre pour créer un lien entre des mots, des actes, des gestes, des danses afin de les faire résonner les unes par rapport aux autres. J’aime observer comment les choses se cognent les unes aux autres !

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
En habitant mes paradoxes.

Ton jardin préféré ?
Un ciel étoilé.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
La langue des signes.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
Pourriez-vous dire à l’envers « à voir de vous » ?


site de l’artiste