Bienvenue dans l’Europe de la diversité culturelle
ALEX GRILLO
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Arts vivantsMusique

ALEX GRILLOVOIX D’AILLEURS

SESSIONS
MARDI 22 SEPTEMBRE DE 10H À 12H
MERCREDI 23 SEPTEMBRE DE 14H À 16H
MERCREDI 7 AVRIL DE 14H À 16H

SORTIE DE RÉSIDENCE
VENDREDI 25 SEPTEMBRE À 15h
VENDREDI 9 AVRIL À 20h

REPRÉSENTATION
MERCREDI 14 JUILLET

SESSIONS
Mardi 22 septembre de 10h à 12h
Mercredi 23 septembre de 14h à 16h
Mercredi 7 avril de 14h à 16h

SORTIE DE RÉSIDENCE
Vendredi 25 septembre à 15h
Vendredi 9 avril à 20h

REPRÉSENTATION
Mercredi 14 juillet


Langues existantes et langues imaginaires, doubles et multiples... Voix d’ailleurs est l’aboutissement, sous la forme d’une pièce vocale, de collectes réalisés dans la région marseillaise. Elle nous parle de l’origine des mots, du visible et de l’invisible, du vécu et du devenir...
Comment l’abstraction musicale peut-elle générer du sens ?
Une tentative d’interroger la relation des phonèmes et de leur sens, ou plutôt de ce qu’ils provoquent comme polysémies.


Compositeur, directeur du projet : Alex Grillo - Auteure, interprète : Edith Azam - chanteur, chef de chœur : Alain Aubin - chanteuse, chef de chœur : Brigitte Cirla -& Chœur d’amateur.trice.s.


ENTRETIEN
Alex Grillo

Résidence de création - Musique - septembre 2020 & avril 2021

Poids ?
On pourrait imaginer une relation entre mon poids et le poids du projet tel qu’il existe dans mon désir de le faire advenir. La place qu’il a prise dans ma vie depuis le temps que j’y travaille. Je n’ai jamais fait le lien, mais on peut imaginer ou inventer un lien entre mes 83 kg et toute cette réflexion, ces projections que j’ai faites…

Quelle est la genèse du projet ?
C’est la suite d’un travail réalisé en 2015 : un projet de fanfare vocale pour l’espace public, non chanté, avec uniquement de la voix parlée. Une première collaboration avec Brigitte Cirla et l’auteure Edith Azam. Nous étions très content du résultat, mais pendant le travail, j’ai dû abandonner certaines choses. À l’issue de cela, j’ai eu envie de travailler une forme avec des chanteurs professionnels. La forme s’est confirmée - 4 personnes au plateau - l’auteure, moi-même et deux chanteurs. A cela s’ajoute un chœur amateur d’une vingtaine de personnes, accompagnés par un traitement électronique.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Le 3 bis f permet l’exploration. C’est luxueux, de nos jours, d’être accueilli une "institution" (au sens noble du terme) qui permet aux artistes de répéter, de chercher, de se rencontrer. Le 3 bis f permet surtout cette phase très importante – qui, en ce qui me concerne, allège le projet - où l’on débarque sans avoir aucune idée de ce que l’on va faire. On parle des phonèmes, des voix, de la voix, des voix d’ailleurs. Ces rencontres, comment vont-elles s’agencer, se fabriquer ? Nous nous laissons aller aux questionnements. C’est génial, un grand bonheur.

Comment travailles-tu ?
En tant que créateur, c’est une chose et en tant qu’ouvrier de la musique, c’est autre chose. L’ouvrier de la musique se farcit des dossiers, fait des gammes sur son instrument, avale des logiciels MAO. Le créateur est lié à ce qu’on peut appeler l’inspiration, bien que ce mot nous perd parfois dans ses méandres sémantiques.
Et puis il y a bien entendu les échanges avec les autres qui permettent d’avancer ainsi qu’une méthodologie qui s’est inscrite grâce aux cinq périodes de résidences : au 3 bis f, au GMEN et au PIC Télémaque.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
C’est la poésie qui me plaît. C’est ce décalage poétique qui s’installe en soi et qui nous ouvre sur une perception singulière du monde et qu’on appelle parfois « folie ».
Dans les conventions, on est fatalement tenu par nos habitudes, notre condition sociale, nos relations etc. C’est compliqué de dire : « je suis dans la poésie, arrêtez tout ! » ou « foutez moi la paix avec ma folie ! » et d’imposer : « stop ! laissez-moi rêver. »

Ton jardin préféré ?
Celui qui est secret. Après, il est un peu enfermant ce jardin secret car on tourne on tourne en rond en soi même. Je suis très content de profiter des jardins des autres, avoir de la verdure sous les yeux, mais ne pas m’en occuper. J’aime le jardin des autres, aussi au sens figuré. Je m’intéresse beaucoup aux gens. Ce qu’ils cultivent depuis leur jardin me nourrit. Je suis fasciné par la complexité de l’être humain.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Une langue que je ne comprends pas, dont le sens m’échappe. Ce sont les meilleures puisque je m’intéresse aux sons, à la musique de la langue.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Quel est l’aboutissement de votre travail ?


© Quentin Houdas

CIE MONAD
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Arts vivantsDanseCirque

CIE MONAD YIN

SESSIONS
LES MARDI 24 NOVEMBRE ET 26 JANVIER DE 10H À 12H

REPRÉSENTATION
SAMEDI 30 JANVIER À 20H

SESSIONS
Les mardi 24 novembre et 26 janvier de 10h à 12h

REPRÉSENTATION
Samedi 30 janvier à 20h
[4,5 – 9 €]


Yin nous invite à déplacer nos perceptions, à changer d’espace temps.
Mêlant intimement danse derviche et de jonglage, rotation des corps et des gestes, il nous emmène dans une transe moderne, hypnose rythmée par une chorégraphie en révolution.


Jonglage et danse : Van-Kim Tran - Jonglage et danse : Cyrille Humen - Alchimie et mise en scène : Eric Longequel


Dans le cadre de la Biennale des Arts du Cirque


ENTRETIEN
Van-Kim Tran

Résidence de création – Cirque – novembre 2020 et janvier 2021

Poids ?
Nous avons à peu près 34 kg de matériel pour l’instant, dont 3 kg par jupe. Si on additionne avec mon poids, celui de Cyril et de notre régisseur, en tout, cela doit faire 250 kg en tournée.

Quelle est la genèse du projet ?
Une envie, pour Cyril et moi de travailler ensemble. J’aime faire des choses qui m’intéressent. À la naissance de ce projet, trois choses m’animaient : jongler, pratiquer la danse derviche et le Tai-chi. Tout s’alignait parce que ces pratiques sont absolument incompatibles les unes avec les autres - il faut une sorte de lâcher prise pour la danse derviche et un contrôle pour le jonglage. Il y a quelque chose de très intéressant dans la rencontre de ces deux pratiques opposés. Le Tai-chi, pour sa part, a vocation à unifier. Ces gestes ont le cercle en commun. Il y a une circulation, que ce soit dans le jonglage-contact, la danse derviche et le tai-chi où il s’agit de faire circuler une énergie. Cyril adore les cercles ! Dans son jonglage, on en retrouve dans tous les sens !

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Là encore c’est un alignement plutôt heureux. De manière générale le lien entre l’art et les états de perception m’intéresse. La présidente de notre association, Nina Roberts est psychiatre et spécialiste de l’hypnose. Son domaine de recherche et de prédilection est celui du lien entre l’hypnose et les pratiques artistiques. Dans la danse, par exemple, le fait de tourner sur soi-même est un moyen d’accéder à une sorte de transe, un moyen de quitter le monde matériel. Il est donc heureux de faire la première de ce spectacle dans un lieu qui est à la fois un espace où il y a la place pour l’art contemporain, le spectacle et qui se trouve dans un centre hospitalier psychiatrique. En tout cas un lieu qui s’intéresse de près aux états de perception altérés.

Comment travaillez-vous ?
Au début, il y a une phase d’incubation où je lis beaucoup, où j’expérimente plein de choses qui n’ont aucun rapport avec le spectacle, jusqu’à que j’en trouve un. Ensuite, on se retrouve ensemble dans un lieu de pratique, dans un studio. Cet état brut est comme une sorte d’esquisse. Puis, il y a un moment où je me dis : « ah c’est ça le spectacle ! ». Ce moment, est arrivé quand j’ai découvert le travail de François Roustang, un Hypnothérapeute français qui a beaucoup développé cette pratique et qui a défini un terme face auquel je me suis dit : « Voilà c’est ça qu’on fait ! ». Il s’agit du mot « perceptude », un état de perception où l’on se connecte au tout, en mettant au second plan le jugement et la rationalité. Un état de veille qui garde notre jugement en sommeil et qui ouvre de nombreuses perceptions. Tout devient possible. François Roustang s’en sert pour aider des personnes qui sont bloquées dans certaines situations de leurs vies. Dans notre pratique artistique, nous y faisons plutôt appel pour expérimenter un autre goût, une autre perception de la réalité.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
J’écoute les bons conseils de mon ami Carl Gustav Jung. J’ai lu beaucoup de ses livres. J’ai été frappé par la clarté de vision qu’il avait et à quel point cela raisonnait en moi. Ce que j’apprécie dans son travail, c’est qu’il recherche une forme d’intégration des différentes forces présentes en nous-même. C’est ce qu’il appelle le processus d’individuation. Cette vision présente l’avantage incroyable où même les choses perçues négativement, par exemple la folie, la colère ou des choses plus sombres, peuvent être perçues comme en évolution. Une matière première qui, à travers les expériences de la vie, les changements, va se métamorphoser de manière sublime. J’aime beaucoup ce rapport qui permet une équanimité avec nos expériences intérieures et extérieures

Ton jardin préféré ?
De manière générale, je préfère la forêt au jardin. Les jardins à la française, je ne supporte pas et n’y vais jamais ! À la limite, les jardins japonais, ça j’apprécie, car il y a une recherche de coexistence et d’harmonie entre l’homme et la nature. Mais à choisir, je préfère quand même aller me balader ou voyager en forêt naturelles, là où il y a différents arbres qui coexistent.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
La langue en question se reconnaîtra.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
« Est-ce que vous partez en transe pendant le spectacle ? »


site de la compagnie


©Emmanuelle Tricoire

YAÏR BARELLI & NILOOFAR BASSIRI
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Arts vivantsDanse

YAÏR BARELLI & NILOOFAR BASSIRIZAMANE

SESSIONS
JEUDI 10 DÉCEMBRE DE 15H À 17H
VENDREDI 9 JANVIER DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
VENDREDI 8 JANVIER À 20H

SESSIONS
Jeudi 10 décembre de 15h à 17h
Samedi 9 janvier de 15h à 17h

SORTIE DE RÉSIDENCE
Vendredi 8 janvier à 20h


Niloufar est iranienne, Yaïr israélien, Niloufar est plasticienne, Yaïr danseur. Tous deux vivent en France dans une sorte d’exil volontaire de leurs pays d’origine inscrits dans des situations politiques complexes.
Matière de recherche et point de convergence, les chansons populaires dont ils sont dépositaires et nostalgiques, interprétées dans un va-et-vient entre la langue d’origine et le français, deviennent un terrain de jeu politique, linguistique et performatif.


Conception et interprétation : Niloufar Basiri et Yaïr Barelli - Lumière et espace : Yannick Fouassier - Son : Jonathan Reig


ENTRETIEN
Yaïr Barelli & Niloufar Bassiri

Résidence de création – Danse – décembre 2020 et janvier 2021

Poids ?
Y : Dans un bon jour 71,2 kg
N : entre 59 kg et 60 kg
Y : ensemble cela fait 131,2 kg

Quelle est la genèse du projet ?
N : Notre rencontre. Nos expériences qui sont celles de deux étrangers à la communication entravée de par leurs pays d’origine. Pour moi, c’est la première fois que je rencontrais quelqu’un venu d’Israël. La France est devenue un espace intermédiaire. Nous y avons vécu des choses communes qui ont fait le lien entre nous.

Y : La rencontre s’est faite à l’École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand. Je ne sais pas si un européen peut comprendre ce que cela représente de rencontrer quelqu’un qui vient d’un pays ennemi. Il y a tout de suite une sorte d’excitation, mêlée de peur. C’est complètement débile mais c’est comme ça. Comme l’a dit Niloofar, on s’inspire aussi de notre exil en France car on a été confronté.e.s aux mêmes problèmes : l’adaptation à la langue, les démarches administratives… On ne parle pas bien français, on ne comprend pas et on improvise constamment. La genèse du projet, c’est donc à la fois ce qui est très loin (nos pays d’origine et la guerre) et très proche (la France). Par ailleurs, je suis attiré par la culture persane depuis très longtemps.

N : Quand j’ai décidé de faire un stage avec Yaïr j’avais vraiment peur, car je ne savais pas si travailler avec un israélien poserait problème quand je retournerais en Iran. Après, c’est devenu comme un acte de résistance. Je me suis dit : « oui, pourquoi pas ». On va faire un projet de toutes ces complicités.

Y : C’est un peu banal, la situation est absurde mais il y a un réel danger. On a même discuté, de changer de nom, inventer un pseudo et finalement Niloufar à décidée que non.

N : Les chansons vont permettre de montrer les différences entre nous, en utilisant les points communs en France pour faire lien.

Y : Oui, on travaille sur des chansons d’Israël et d’Iran avec lesquelles nous avons grandit et qui nous rendent nostalgiques. Nous sommes en train de les traduire en français pour les amener auprès de nous. Pour un public français, ces chansons ne veulent absolument rien dire. Il y a un intérêt dans ce décalage de charge émotionnelle. Et puis il y a le sujet de la lutte qui était un hasard. Il y a eu un incident récemment. Un judoka iranien fait le choix délibéré de ne pas refuser de combattre contre un adversaire israélien. Il a été contraint s’exiler en Allemagne, car normalement un sportif iranien qui est confronté à un israélien doit renoncer. On va faire un peu l’inverse, une sorte de lutte intentionnelle ou se confondent peur et désir de la rencontre de l’autre.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Parce c’est génial !

Comment travailles-tu (travaillez-vous) ?
Y : Nous ne savons pas encore, c’est une collaboration, ça c’est sur. Nous ne sommes pas au même endroit, mais il n’y a pas de hiérarchie. Niloufar a une expérience que moi je n’ai pas. Elle est architecte. Elle vient de beaucoup plus loin que moi. Elle a un parcours de plasticienne. Il nous faut trouver comment collaborer. De mon côté, lorsque j’enseigne, je tente de travailler avec le groupe, me situant davantage comme l’un des participants que comme un enseignant.

N : Au début je pensais comme enseignant/étudiant. Finalement, j’ai vu que l’on pouvait inventer autre chose.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Y : J’ai envie dire qu’il n’y a pas de folie.
N : Oui exactement !
Y : C’est un malentendu. On habite bien, on ne sait pas habiter autrement. J’ai fait un projet avec ce que l’on appelle une classe ULIS (Unité localisée d’intégration sociale). Qu’est-ce que cela veut dire « intégrer » ces enfants qui ont des « handicaps mentaux » ? Je n’ai jamais réussi à comprendre. Quand je les ai interrogé.e.s, j’ai eu des réponses complètement non satisfaisantes : « j’ai un problème de concentration », « j’ai un problème de mémoire ». Mais on a tous des problèmes de concentration et de mémoire. Je pense que s’il faut les inclure cela veut dire que quelqu’un les a exclu. Et c’est plutôt-là que se situe le problème, dans la conception de la folie et plus que dans la folie elle-même.

Ton jardin préféré ?
Y : Le jardin de ma mère, qui se trouve à Jérusalem.
N : Le jardin Eram à Shiraz en Iran.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Y : La langue d’un serpent.
N : d’un chat.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Y : « Ton jardin préféré ? » (c’est une réponse écologique, recyclée)
N : C’est quoi votre projet ?


Sites des artistes
Yaïr Barelli


© Barelli

ANIMA THÉÂTRE
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Arts vivantsmarionnette

ANIMA THÉÂTREREBETIKO

REPRÉSENTATION
MARDI 15 DÉCEMBRE À 19H

REPRÉSENTATION
Mardi 15 décembre à 19h
[4,5 – 6 €]


Conçu comme une odyssée, Rebetiko, nous emporte dans un voyage d’images, de marionnettes et de musique. L’histoire de ce genre musical populaire Grec, le Rebetiko, raconte aussi celle des hommes qui l’ont façonné au grès des vagues de migrations venues d’Orient des années 1920 à nos jours. Il est un pont entre Orient et Occident, une traversée dans l’espace et le temps. Des récits entrecroisés, portés, dans ce spectacle, par deux marionnettistes, un musicien-manipulateur doté d’une laterna (piano-mécanique) et différents procédés holographiques.


Mise en scène : Yiorgos Karakantzas - Écriture : Panayiotios Evangelidis - Construction, marionnettes et accessoires : Demy Papada et Dimitris Stamou Cie Merlin Puppet Theatre - Vidéo : Shemie Reut - Compositeur/musicien : Nicolo Terrasi - Marionnettistes : Irene Lentini et Magali Jacquot.


Dans le cadre de Momaix 2020


ENTRETIEN
Yiorgos Karakantzas

Résidence de création – Marionnettes – mars et décembre 2020

Poids ?
Poids plume de bison.

Quelle est la genèse du projet ?
C’est inspiré de mon l’enfance et du temps vécu avec ma grand-mère. C’est l’histoire de son périple dans les années 20 de l’Asie mineure, d’Izmir vers la Grèce. Voilà la première inspiration du projet. C’est aussi une histoire de rencontre. Cela faisait un moment que j’avais croisé Panayiotios Evangelidis. Mon envie de travailler avec lui et son envie de travailler pour la marionnette nous a réunis. En découle cette naissance un peu hybride, ce format quasiment cinématographique avec un scénario de texte muet.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
C’est un espace qui me fait le même effet que la Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon. C’est un lieu apaisant. Un endroit où on peut créer tranquillement, se concentrer sur ce qu’on fait. Ce qui m’a vraiment touché et remué, c’est l’échange durant les ateliers. L’expérience artistique et la narration se reflètent dans les gens qui participent aux ateliers d’une manière qui les débordent. Si on fait ce travail, c’est aussi pour la part d’humanité que cela peut dégager. Le 3 bis f est un endroit sensible.

Comment travailles-tu ?
L’idée est de changer régulièrement mes habitudes, de travailler avec des gens qui peuvent métisser la vision du projet. Au démarrage, il y a souvent une idée qui vient de moi. Et puis, je pars rencontrer du monde, vivre des sujets, les traverser. L’idée est de créer avec d’autres artistes, comme Panayiotios que j’ai déjà cité, qui amènent leur esthétique et de nouveaux univers dans le rapport à la marionnette.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je fais de la marionnette depuis plus de 20 ans maintenant. La « folie » pour nous, les marionnettistes, c’est vraiment de se mettre à jouer avec des croix pour donner vie à tout ce qui passe entre nos mains. Avoir la conviction que tout peut être animé, que chaque objet peut raconter des histoires. Croire à la vie des objets. La marionnette prend en charge des choses qui nous dépassent. C’est un superbe outil, très libérateur.

Ton jardin préféré ?
Un jardin lié à mon enfance et l’enfance de mes enfants. C’est le jardin du petit appartement de mes parents en Grèce. Ce n’est pas un jardin magnifique mais c’est un endroit dans lequel on s’est tellement retrouvés, où on s’est vus grandir, jouer, patauger avec la terre. C’est un jardin d’émotions plutôt qu’un jardin de plantes.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Cette question m’a beaucoup troublé. Je pensais à une grosse bestiole. Une panthère, peut-être. Mettre ma tête à l’intérieur de la gueule d’une panthère, pour voir ce qui s’y passe. C’est de l’ordre du fantasme, du danger, et puis j’aime beaucoup les gros chats.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Je ne sais pas. À toi de voir. Joker !


site de la compagnie

CIE SHONEN
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Arts vivantsMusiqueDanse

CIE SHONENHIKU / INFANTE

COMPAGNIE EN CONNIVENCE POUR LA SAISON

SESSIONS Hiku
JEUDI 18 FÉVRIER DE 10H À 12H
MERCREDI 21 JUILLET DE 14H À 16H

SORTIE DE RÉSIDENCE Hiku
VENDREDI 19 FÉVRIER À 20H

SESSIONS Infante
SAMEDI 15 MAI DE 14H À 16H

SORTIE DE RÉSIDENCE Infante
MARDI 18 MAI À 20H (sous réserve)

COMPAGNIE EN CONNIVENCE POUR LA SAISON

SESSIONS Hiku
Jeudi 18 février de 10h à 12h
Mercredi 21 juillet de 14h à 16h

SORTIE DE RÉSIDENCE Hiku
Vendredi 19 février à 20h

SESSIONS Infante
Samedi 15 mai de 14h à 16h

SORTIE DE RÉSIDENCE Infante
Mardi 18 mai à 20h (sous réserve)


HIKU
Conception : Eric Minh Cuong Castaing, Anne-Sophie turion

"Hikikomori" est un mot japonais qui désigne l’état social et familial de personnes qui vivent coupées du monde et des autres, cloîtrés le plus souvent dans leurs chambres pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Entre installation et expérience performative, HIKU crée les conditions d’une rencontre à priori impossible : celle des spectateurs et de ces individus qui ont fait l’expérience d’un retrait social radical.


INFANTE
Conception, chorégraphie : Eric Minh Cuong Castaing - Assistant chorégraphe : Gaëtan Brun-Picard - Dramaturge : Marine Relinger - Plasticienne, scénographe : Anne-Sophie Turion, Pia de Compiègne

Pièce chorégraphique au croisement de la danse, d’un concert et de l’art vidéo, Infante connecte en temps réel, par skype, 4 enfants danseurs à un groupe d’enfants ougandais, les musiciens Wakastarz, qui additionnent des millions de vues sur youtube. En jeu, une rencontre et un défi spontané, par lequel les pratiques et les créativités devront s’augmenter les unes les autres en vue de la réalisation d’un “double spectacle” : Un spectacle se jouant de part et d’autre de l’écran en direction de deux publics simultanément présents, en France/Europe et en Ouganda/Afrique.


INFANTE – projet lauréat Tridanse


Entretien
Erinc Minh Cuong Castaing & Anne-Sophie Turion

Artistes en connivence pour la saison 2020 - 2021

AUTOUR DU SPECTACLE HIKU

Poids ?
AST : Plume !
EMCC : 25 kg c’est le poids d’un robot de télé-présence.

Quelle est la genèse du projet ?
AST : La découverte des Hikikomori, des personnes qui se mettent en retrait du monde pendant des années. Cela se passe au japon principalement mais pas uniquement. Nous avons présenté ce projet dans le cadre de l’appel à résidence de la villa Kujoyama, ce qui nous a permis d’ouvrir ce travail sur place.

EM : Pour moi, ces personnes en retraite volontaire font écho à un choix plus ou moins inconscient. À quel moment peut-on faire une retraite ? Avant d’être chorégraphe j’étais dessinateur, je dessinais pendant des heures, des jours, sans sortir. J’étais fasciné par l’univers des mangas et notamment celui des Otakus (Personnes obsédées par un hobby,notamment les manga ou les films d’animation...)

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
AST : J’ai, pour ma part, la chance de connaître le 3 bis f pour y avoir été en résidence pendant un an. Pour ce projet, cela nous paraissait juste de venir travailler ici. En tant qu’artistes qui manipulons plusieurs disciplines entre les arts visuels et la performance. Cette perméabilité existe sur la question des disciplines mais aussi dans la porosité avec toutes les personnes qui passent au 3 bis f. Pour ce travail qui parle de fragilité psychologique, c’est une manière douce d’être en contact avec des personnes qui ont aussi des fragilités, ou non, cela rentre en résonance forte.

Comment travaillez-vous ?
AST : Nous nous rejoignons sur un mode de travail contextuel qui s’attache à une réalité très spécifique. Ici, cela s’est fait dans la rencontre de ces personnes, les Hikkikomoris, qui a été permise grâce à ce premier séjour au japon. Toute la pensée du dispositif, de la dramaturgie est née autour de ces rencontres, des temps passées avec eux, également du travail mené sur place avec une association qui aide à leur réinsertion.

EM : Dans ce type de projet, quand on est en contact avec des personnes en dehors de l’institution de l’art, et voir dans des situations de vulnérabilité. Nous sommes dans une écoute réciproque. Nous redimensionnons nos pratiques, le calendrier constamment au rythme du développement de la relation avec l’autre. C’est aussi cela qui est passionnant : comment composer avec ce paramètre humain, qui est la vie, à une échelle d’un projet sur deux, trois ans, voir plus...
Pour moi, cela résonne vis-à-vis de mon attachement à la question de la vulnérabilité, de l’interdépendance, pour Anne-Sophie, celle de l’intime, du récit.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
EM : À la fois en tant qu’artiste et dans ma vie, ma folie, c’est de produire toujours, de remplir mes journées, notamment par le travail. Comment être présent au quotidien dans la relation avec ses proches, avec les personnes avec qui on travaille et en même temps développer de multiples projets sur trois à quatre ans. C’est une gymnastique perpétuelle. Une pensée qui me traverse en ce moment, est celle d’Edouard Glissant « agir en son lieu, penser le monde »

AST : Cela se passe mieux quand j’aère ma folie, quand je la déconfinne, quand je fais circuler les choses, quand je la mets au contact d’autres folies, d’autres gens, d’autres paysages. Ma technique c’est de rouvrir, de faire rentrer de l’air. Faire de l’art. Je pense que c’est quand même un endroit où on peut exprimer librement une forme de folie, une forme d’obsession.

Ton jardin préféré ?
AST : Je vais répondre un peu à côté. Moi mon jardin préféré, c’est celui dans lequel je rentre tous les soirs à minuit et dont je sors aux environs de huit heures du matin.

EM : C’est un jardin que nous avons vu ensemble, quand nous étions en résidence à la Villa Kujoyama. Un jardin d’intérieur zen, dans un temple shintoïste à Kyoto. Un jardin humide, pas minéral où on a l’impression, depuis une fenêtre d’intérieur, de regarder tout un monde miniature avec des arbres qui semblent rentrer dans l’œil, dans la composition.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
AST : Le japonais. Je pense que j’ai découvert cette langue lors de ce déplacement en février. Elle est tellement musicale et tellement belle.

EM : C’est un souvenir de volontariat dans une réserve indienne Navarro au nouveau Mexique, aux Etats-Unis. Je suis tombé par hasard sur un discours lors d’une réunion de communauté, un discours politique d’un vieux sage Navarro. C’était le ton d’une revendication, d’une dignité. C’est une langue inconnue qui est dans musicalité dans sa mythologie. C’est ce qui peut me faire déplacer.


AUTOUR DU SPECTACLE INFANTE

Poids ?
Trois méga par seconde, c’est le minimum pour avoir une bonne connexion pour réaliser un concert à distance.

Quelle est la genèse du projet ?
C’est la rencontre avec les Wakkastarz, des enfants musiciens vivant dans la banlieue de Kambala en Ouganda. Ils font des millions de vues sur YouTube à partir d’une musique géniale, hyper créative, Reggae, Reggaeton, Afrobeat, recyclant des éléments trouvés dans leur village pour en faire des instruments.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Le projet s’inscrit dans le dispositif Tridanse qui réunit quatre lieux : le 3 bis f, le Citron Jaune, le Vélo Théâtre et le Théâtre Durance. Nous le menons avec une communauté d’enfants marseillais qui doivent se connecter biais d’un grand écran skype avec des enfants, les Wakka stars, pour faire un concert ensemble. Dans ce projet protéiforme, entre spectacles de danse et concert retransmis en direct par Internet, nous souhaitons tester différentes configurations scéniques dont la salle de concert, un grand plateau de théâtre, la rue et dans la confrontation avec différents publics. Ce parcours de résidences est propice pour cela !

Comment travaillez-vous ?
Nous sommes plusieurs dans un projet qui existera entre l’Afrique de l’Est, l’Europe, l’Ouganda, la France, Wakali et Marseille. Cela pose beaucoup de questions sur la circulation des danses, entre le contexte français et ougandais, et d’horizontalité dans le dispositif scénique. Nous avons traversé ces sujets qui sont partagés, en ping-pong avec la dramaturge Marine Relinger, avec Gaetan brun Picard qui s’occupe de l’aspect pédagogique, et Anne Sophie Turion/Pia de Compiègne sur l’aspect plastique du spectacle, avec les enfants marseillais et avec les Wakastarz pour trouver un dialogue sur scène qui évolue de la battle, la complémentarité, à la fusion. Le ping pong ça va être le nerf, le muscle de ce projet. La première forte idée est que nous souhaitons construire un double spectacle simultané. Dans le théâtre français, il y a un public français qui regarde la scène avec les enfants marseillais et l’image des Wakastarz, et du côté physique des Wakastarz, en Ouganda, il y a un public ougandais qui regarde aussi de l’autre côté. Cela crée une adresse partagée dans les deux sens pour nous comme pour eux.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Voir, cela évoque aussi l’image. Aujourd’hui on ne regarde plus simplement les images, les images nous regardent. Elles voient à travers des robots, des algorithmes qui analyse ce que l’on fait. Elles nous surveillent. Dans ce projet, les images se répondent.


site de la compagnie


Photographie © Kamila K Stanley

MARK ETC
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Arts vivantsThéâtre

MARK ETCFAUTE DE TOUT POUR FAIRE UN MONDE

SESSIONS
3, 4, 5, 10, 11 MARS DE 14H À 16H

CLÔTURE DE RÉSIDENCE
VENDREDI 12 MARS À 15H

SESSIONS
3, 4, 5, 10, 11 mars de 14h à 16h

CLÔTURE DE RÉSIDENCE
Vendredi 12 mars à 15h


Dystopie rétro-futuriste, spectacle immersif du groupe Ici-Même, « Faute de tout pour faire un monde » propose un voyage dans le temps pour pister les manières dont on se représente la vie future et la relation de la dynastie humaine à son contexte. Propulsés dans les pièces d’une maison allégorique à différentes époques, les spectateurs enquêtent ou tentent d’intervenir sur les équilibres d’un monde en voie d’extinction et un certain séparatisme des plus riches.


Auteur, metteur en scène : Mark ETC


ENTRETIEN
Mark ETC

Résidence de création – Théâtre & Espace public – Mars 2021

Poids ?
« plume » Je pèse 68 kg. Je suis né le 1er Mai 1968, il y a sûrement un lien. Il y a aussi un lien avec le fait d’être un poids plume. Sans vouloir trop charger le poids de l’histoire, les utopies de ces années semblent quand même bien éventées, dissipées. Cette relation du poids au temps, je veux la souligner. Je trouve qu’on n’a pas gagné grand chose et donc qu’on ne pèse pas grand chose. Dans une séquence humaine, la génération ne pèse pas grand chose. Elle pèse quand même suffisamment pour compromettre son cadre de vie. J’ai la légèreté de penser que je ne pèse pas grand chose, parce que si l’art changeait la vie ça se saurait. Je ne crois pas à cette idée même si moi ça m’a changé.

Quelle est la genèse du projet ?
Rebrousser un peu le temps, pour comprendre pourquoi on en arrive à une époque où nous savons que l’impact sur notre milieu de vie peut être tel qu’on compromet tout simplement notre capacité à nous maintenir. C’est vieux comme le monde, mais nous sommes quand même une espèce comme les autres mêlés dans un dialogue que l’on pourrait entretenir inter-espèces. Ce qui nous nourris, dans nos organes, notre corps, les bactéries, les enzymes, en témoignent.
Le projet a cette origine. Il vient de là. Vouloir fouiller dans le passé pour moi ce n’est pas pour accumuler des preuves irréfutables de quelque chose, par exemple d’une prédisposition humaine à l’autodestruction, ce genre de grandes questions qui ont eu leur réponse y compris par le théâtre. C’est plutôt une manière de s’intéresser à la façon dont on se représente dans le monde.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Concrètement, « Faute de tout pour faire un monde » offre au spectateur de revisiter des époques à travers le subterfuge d’un voyage dans le temps. Cela se passe dans une maison. Une maison allégorique, constituée de pièces. Au 3 bis f j’ai envie de traiter du grenier parce que je vois bien que par la nature de cet espace, il y a quelque chose à jouer dans la relation à la psyché. J’ai envie de parler de mémoire.
Ce voyage dans le temps va faire constater que le monde est d’abord affaire de représentations.

Comment travailles-tu ?
Immersion. Je lis, je me documente. Beaucoup d’essais, pas tellement de fictions. Cependant, il y’a des choses qui reviennent dès qu’on se conforte à l’anticipation, la SF… Dans un second temps, je travaille au plateau en équipe. Je partage ces références, je vais assez loin dans la déconstruction de ce que j’imagine.
Avant de faire du théâtre je m’intéresse à ce qui fait relation, à ce qui peut être provoqué dans un espace public. Nous travaillons sur des canevas, parfois très écrits, parfois basés sur l’improvisation. Je suis ouvert à ce que nous travaillions collectivement dans ce moment là. C’est très jubilatoire, excitant et en même temps anxiogène. Il faut arriver à tenir son sujet, à être compris et à amener quelque chose d’intéressent. À un moment donné, j’arrive à avoir une vision. Tout se met en place progressivement.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
« En toute inconscience »
Je pense à Wittgenstein : « est ce que mes jambes existent sous la table si je ne les considère pas ? » J’ai bien conscience qu’il y a quelque chose de ce côté là, mais je ne m’y intéresse pas. Je la perçois moins comme une altération que comme un alter ego. C’est pour moi un continent, un iceberg. C’est immergé. C’est une notion très polysémique, très sociale. C’est aussi une affaire de représentations et d’expression : puisqu’on la nomme tel un désordre, au moins aux yeux de ceux qui trouvent ordre et un agencement au monde qui les entoure.

Ton jardin préféré ?
J’ai pensé tout de suite, exubérance. A priori mon jardin préféré est moussu, humide, odorant. Il est charnel, fourmillant, infini. Dans tout ce qui est charnel il y a quelque chose de fusionnel, c’est une relation monde, à la planète terre.
Du jardin je passe plutôt au parc et du parc je me suis dit que j’aimais bien converser, marcher avec quelqu’un. Il est venu un peu un modèle de jardin que j’aime en promenade : ces jardins terrassés, en restanques : Ils offrent un spectacle à voir. L’idée de partager une vue me plait.
Il y a aussi les jardins urbains. Dès que je rentre dans un jardin ce qui m’intéresse en vérité c’est les gens qui s’y trouvent, les événements. J’aime bien regarder, j’aime bien quand ça me relie. Mon jardin préféré est un lieu qui me met en relation.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Un pangolin. Un animal radicalement différent. La belle et la bête.
La langue des signes.
La langue d’un enfant peut-être.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
En général, je n’aime pas esquiver les questions. Je pense que la fonction d’artiste est d’amener aux questions. Je n’aime pas y répondre non plus, même si je peux avoir un point de vue. Je serais tenté de dire : « quelle est la question ? ». Si on me répond « à vous de voir » je me dis « mon travail a marché ». Cette question ouvre celle de la subjectivité.


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PAULINE BRUN
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Arts vivantsDansePerformance

PAULINE BRUNRAIDE D’ÉQUERRE

SESSIONS
23, 25 ET 30 MARS DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
JEUDI 1ER AVRIL À 15H ET 19H

SESSIONS
23, 25 et 30 mars de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
Jeudi 1er avril à 15h et 19h


L’expression « raide d’équerre » pointe avec ironie ce qui se plie, frise, penche, flanche, titube. Dans ce spectacle, Pauline Brun creuse les altérations et les écarts dans le réel pour construire, dans la fiction, d’autres formes d’altérités.


Concept, chorégraphie et scénographie : Pauline Brun - Performance : Pauline Brun et apparitions des collaboratrices.eurs - Création son : Diane Blondeau - Création lumière : Florian Leduc - Dramaturgie : Céline Cartillier - Assistante : Valérie Castan


ENTRETIEN
Pauline Brun

Résidence de création – Danse – Mars, avril 2021

Poids ?
« chiche ».
J’ai finalement procédé avec une méthode avec laquelle je travaille qui est de regarder la définition du mot : « objets lourds utilisés pour certains entraînements physiques ».

Quelle est la genèse du projet ?
Raide d’équerre s’inscrit dans la continuité des différentes propositions que j’ai menées jusqu’ici. Ce projet assemble deux disciplines que je pratique : l’art plastique et la chorégraphie. Il cherche à explorer d’autres formes d’altérité. Pour cela, je passe par des formes d’hallucination ou de vérification d’existence des choses.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
C’est un lieu qui m’intéresse parce qu’il met en relation ces deux champs que sont les arts visuels et vivants. Ce qui me rend très curieuse de ce lieu, c’est le fait qu’il crée des liens entre l’hôpital psychiatrique et un public plus large. Que ce lien puisse être un processus qui se partage, qui s’expérimente.

Comment travailles-tu ?
J’ai une manière de travailler assez empirique. Il y a une articulation, une espèce de logique interne, un lien de cause à effet dans l’ensemble de mon travail. Une logique, non pas illogique mais plutôt absurde, une logique propre. Je regarde avec attention ce qui apparaît dans le « faire », ce qui peut être de l’ordre de l’accident, qui est récupérée, re-pratiqué, écrit, maîtrisé. Puis, qui donne une chose nouvelle. C’est un chemin. C’est aussi un travail d’équipe. Quand on travaille ensemble, ce qui est important pour moi c’est qu’il y ait une forme d’horizontalité des échanges à tous les endroits. On débat, on n’est pas forcément d’accord, on rit. C’est un espace de collaboration où découvrir de choses que l’on ne pouvait pas anticiper.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je vois ça comme un terrain de jeu et d’exploration. Cette question me fait penser à un précédent projet, Étalon, une série de vidéos et de performances qui parlent de mesures et de normes que l’on viendrait questionner. Il s’agit de trouver de la distorsion, de questionner le standard. Cela se poursuit dans Raide d’équerre où il est question de la distorsion du rapport au temps, à l’espace, à son corps, au corps de l’autre, sur de nombreux niveaux de relations. C’est aussi un travail qui s’intéresse à l’inefficacité, à l’absurde, à construire un corps qui serait un peu contre-productif.

Ton jardin préféré ?
Ce qui m’est venu tout de suite c’est Jardin de Yûichi Yokoyama, un dessinateur de BD. Je le trouve incroyable. C’est le jardin qu’on projette : un jardin sans fin, une zone d’exploration, une curiosité qui se transforme en permanence.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Ma première réponse, spontanée, serait celle d’un dinosaure herbivore.
La seconde serait une langue qui ne serait peut-être pas de l’ordre de l’oralité mais davantage du côté du silence et de l’action.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
« Est-ce que vous préférez avoir un bras en mousse ou une jambe en bois ? »


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© Mélissa Boucher

BASTIEN MIGNOT
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Arts vivantsThéâtre

BASTIEN MIGNOTUN REGARD SUFFIT À RAYER L’INVISIBLE

SESSIONS
LES 2, 4 ET 9 JUIN DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
JEUDI 10 JUIN À 20H

SESSIONS
Les 2, 4 et 9 juin de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
Jeudi 10 juin à 20h


Un regard suffit à rayer l’invisible déplie le motif du noir dans un rêve d’obscur. Le noir y est l’origine de nos métamorphoses à venir. La nuit tombe à la fin de chaque jour. La nuit nous entoure et nous constitue comme l’air que nous respirons. L’Obscurité est la matière même du théâtre. L’Obscurité est cet être invisible et vivant avec lequel je me propose de tisser quelques alliances pour dessiner de nouvelles cosmogonies.


Conception, scénographie et mise en scène : Bastien Mignot - Avec : Alix Boillot, Julie Menut, Antoine Cegarra - Lumière : Manon Lauriol - Son : Clément Vercelletto - Dramaturgie : Céline Cartillier


ENTRETIEN
Bastien Mignot

Résidence de création – Danse – Juin 2021

Poids ?
Ça m’évoque quelque chose de l’enfance, une question de physique élémentaire, où on se demande : « Qu’est-ce qui est le plus lourd, un kilo de plomb ou un kilo de plumes ? » Le poids est strictement le même, la devinette dit explicitement que c’est un kilo, mais notre esprit hésite car l’espace d’un kilo de plumes et l’espace d’un kilo de plomb ne sont pas les mêmes. C’est le volume qui entre en jeu. Ça illustre l’arbitraire de la mesure, qui ne tient pas forcément compte de la consistance de la matière.

Quelle est la genèse du projet Un regard suffit à rayer l’invisible ?
La genèse de cette pièce est assez lointaine. Quand j’ai commencé à faire des pièces en 2012, je me suis placé dans l’espace limiaire du crépuscule. J’ai mis mon corps en jeu dans ce moment de la journée qui effleure le début de la nuit. J’ai aussi mené une exploration avec le photographe Grégoire Edouard et nous avons constitué un corpus de photographies et de vidéos dont les images ont été prises à la fin du jour. Continuer de marcher sur ce chemin m’amène dans la nuit. Un regard suffit à rayer l’invisible, nait d’une exploration nocturne. Parmi les sources, il y a Rêver l’obscur, un livre de l’éco-féministe Starhawk dont le titre lui-même représente à mes yeux une forme d’injonction positive, un mantra, une action à faire, à rêver l’ombre. Pour Starhawk cela implique d’accepter les parts d’obscurité en nous-mêmes pour y retrouver de la force. Cette lecture a été une étincelle.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Alors tout simplement, parce que j’y ai été invité. Après, je dirais que ce qui entre immédiatement en résonance avec mon travail, c’est la dimension de relation et de soin qu’il y a dans cet établissement. Une autre chose qui me semble spécifique et d’importance : c’est la recherche. Dans les arts vivants elle est rarement au premier plan.

Comment travailles-tu ?
Dans le cas de cette pièce, je travaille avec le temps, sur la longueur. Cela fait à peu près quatre ans que j’en ai posé les premières intentions. Il y a une part du travail que je fais seul, c’est un moment de recherche. Je le nomme plutôt promenade, exploration. Ce n’est pas une recherche scientifique. C’est plutôt de la dérive. Je développe notamment une pratique de collecte. Cette collecte est ensuite mise en forme dans des atlas, héritée d’une pratique warburghienne en quelque sorte. Je prélève des éléments à la fois dans la littérature, à la fois dans l’histoire de l’art, des sciences, de l’occultisme… Une fois au plateau, il s’agit de faire confiance à des visions, ces choses que l’on projette, qui nous arrivent, qui sont de l’ordre de l’intuition. Ce sont ces visions qui travaillent. Je crois fort aux phénomènes d’apparition. Ces apparitions ont pour véhicule la confiance, la confiance dans l’espace, dans les fantômes de l’espace, dans les personnes avec lesquelles je travaille, dans la pièce, dans l’état de mûrissement de la pièce. Car c’est la pièce qui décide.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Par l’écoute et le dialogue. Les différents moi cohabitent dans le moi que tu vois là en face de toi. À l’intérieur il y a plusieurs parts de moi, certaines que je connais, d’autres non. Elles ne sont pas toujours d’accord entre elles.

Ton jardin préféré ?
Mon jardin préféré, c’est la forêt. C’est celui qui n’a pas d’enclos, il est situé dans « l’ouvert », comme dit Jean-Christophe Bailly. C’est un écosystème. Il ne serait plus la marque de la supériorité de l’homme sur le reste du vivant. Cela me renvoie au concept de Gilles Clément : « le jardin planétaire », où les frontières de l’enclos du jardin sont celles de la planète elle-même. Dans un jardin domestique, il s’agirait de laisser les mauvaises herbes exister, laisser les vivants s’agencer, s’exprimer.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Ce serait l’hébreu. Les cils, c’est presque les yeux, c’est le regard. Cette langue est charnière dans l’histoire de l’humanité et dans l’histoire de notre rapport avec le réel. C’est une langue, comme l’arabe, où, à l’origine, il n’y a pas de voyelles écrites. C’est une langue qui a besoin de la parole, qui n’est pas totalement enfermée dans l’alphabet.
Je pense au livre Comment la terre s’est tue, de David Abram. Dans ce livre, extraordinaire à bien des égards, David Abram fait enquête sur le moment où les humains se sont déconnectés du reste du vivant et se sont enfermés dans leurs propres préoccupations d’humains. Son enquête passe par la sémiotique, par la langue. Il parle notamment de la langue hébraïque comme se situant encore dans la matérialisation, à sa lisière, après les écritures hiéroglyphiques, pictographiques et idéographique. Il y a encore la présence de la réalité de la chose. En chinois par exemple, le mot arbre est un idéogramme qui représente un arbre. Dans notre alphabet post-hébraïque, dans notre alphabet romain, en français, arbre c’est a.r.b.r.e, ce qui n’a plus aucun lien sensible avec un arbre.

À quelle question répondriez-vous « À vous de voir » ?
Ce serait peut-être à cette question : « Quelle est la signification d’une œuvre, en l’occurrence celle que je suis en train de faire ? » J’ai des nécessités vis à vis de cette pièce. Ce n’est pas forcément intéressant de les entendre parce que ces nécessités-là vont se traduire dans les formes. Elles vont irriguer le travail. Ce que va en faire une personne à son contact, sa façon de recevoir le travail, le sens qu’elle y donnera, c’est à elle de voir…


© Raphael Fourau

JONAS CHÉREAU
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Arts vivantsDanse

JONAS CHÉREAURÉVERBÉRER

SESSIONS
LES 30 JUIN, 2, 7 ET 9 JUILLET DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
MERCREDI 14 JUILLET

SESSIONS
Les 30 juin, 2, 7 et 9 juillet de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
Mercredi 14 juillet


R É V E R B É R E R est un espace où l’on prend soin des nuances, où les corps renvoient de la lumière et reflètent des ombres, un lieu qui défend le droit à l’obscurité et qui ne renonce pas à l’harmonie. Un endroit où la danse et la lumière sont indissociables.


Conception : Jonas Chéreau - Interprétation & Création lumière : Pauline Brun, Jonas Chéreau, Estelle Gauthier, Marcos Simoes


ENTRETIEN
Jonas Chéreau

Résidence de création – Danse – Juillet 2021

Poids ?
Je ne connais pas mon poids, car je n’ai pas de balance chez moi. Par contre, je sais que parfois je peux être très lourd ou très léger. C’est un peu variable.

Quelle est la genèse du projet ?
Réverbérer part de l’idée de s’intéresser aux sensations que procure la lumière, tant émotionnellement que physiquement. C’est cette chose simple d’observer comment la lumière vient nuancer les choses et parfois les rendre plus complexes.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Il y a plusieurs raisons. J’ai vraiment aimé la manière dont on m’a amené à venir au 3 bis f, comment on m’y a invité. Ensuite, je trouve très inspirant le fait que ce lieu soit inscrit dans la société. Il y a aussi un intérêt, par rapport au fait d’aller dans le sud. Je vis en Belgique, dans une ville du nord (Bruxelles) et venir ici convoque un rapport différent à la lumière, qui va nourrir le projet.

Comment travailles-tu ?
Je travaille de manière empirique, très en lien avec mon intuition. En général, au bout d’un moment, l’objectif se resserre pour créer un lien entre des mots, des actes, des gestes, des danses afin de les faire résonner les unes par rapport aux autres. J’aime observer comment les choses se cognent les unes aux autres !

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
En habitant mes paradoxes.

Ton jardin préféré ?
Un ciel étoilé.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
La langue des signes.

A quelle quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
Pourriez-vous dire à l’envers « à voir de vous » ?


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